Coup de théâtre jeudi dernier à Nice: lors d'une réunion avec le personnel, la direction locale de Swissair France a annoncé que le projet de transférer chez Air Littoral tous les employés au sol de la compagnie suisse basés à Nice (18 personnes) et à Lyon (10 personnes) était «suspendu». La grève du zèle, qui faisait suite à deux périodes de grève en mai et en juin, a immédiatement été levée. Mais le personnel sait qu'il n'a gagné que quelques mois.

A la suite de sa prise de participation de 49% dans le capital d'Air Littoral, compagnie régionale basée à Nice, Swissair projette de transférer son personnel au sein de cette compagnie fortement déficitaire. «Swissair interprète frauduleusement l'article L. 122.12, qui empêche douze mois durant un repreneur de transférer le personnel de la compagnie rachetée en modifiant les contrats, détaille Catherine Casteret, déléguée adjointe du personnel.

Or, dans ce cas, Swissair veut transférer son propre personnel dans Air Littoral après cette période de «protection», et la modification statutaire entraînera pour les employés une perte de revenu allant jusqu'à 50%!»

Martin Kaspar, responsable du projet «AMC» (société de gestion commune à Sabena et Swissair), explique la raison du gel de ce projet: «Nous ne voulons pas concrétiser un changement avant d'avoir envisagé toutes les possibilités d'intégration de nos compagnies affiliées en France (Air Littoral et AOM) avec Swissair, Crossair et Sabena. Cela peut être fait selon le modèle de la société de gestion commune, mais aussi selon le principe du gouverneur (représentations communes), ou d'autres modèles encore. La grève n'a aucune influence sur cette décision.»

T. M.