Economie

La transformation de la banque privée

Le monde de la banque privée est fréquemment associé à la notion de

Le monde de la banque privée est fréquemment associé à la notion de continuité. Mais la banque d'aujourd'hui n'est plus celle de la génération qui nous a précédés. Elle nous laisse déjà entrevoir les tendances qui dessinent notre futur à moyen terme. D'ici à quinze ans, le marché sera clairement divisé entre banques privées internationales appartenant à de grands groupes financiers et les «boutiques» du secteur, locales et très spécialisées sur un segment étroit du marché. Ces dernières capitaliseront sur une expertise reconnue dans des domaines spécifiques, les autres sur un réseau couvrant toutes les grandes juridictions onshore et offshore.

Cette spécialisation des acteurs sera accompagnée d'une spécialisation des fonctions entre gestion de la clientèle d'une part, et élaboration des produits d'autre part. Les grands groupes se concentreront sur la relation client en offrant une palette très large de solutions financières. Les boutiques seront leurs principaux fournisseurs. L'architecture ouverte, permettant de distribuer les meilleurs produits disponibles sur le marché indépendamment de leur origine, deviendra dominante.

En Suisse, le secret bancaire devrait progressivement perdre de son importance. Un changement de loi fédérale pourrait mettre un terme à la distinction entre fraude fiscale et «économie d'impôts». Pour les places exclusivement offshore, les avancées technologiques à la disposition des autorités fiscales ainsi que le caractère toujours plus public de la création de richesses endigueront progressivement l'afflux de fonds non déclarés.

Les clients de la banque privée seront soumis aux mêmes évolutions que les sociétés dont ils font partie. La globalisation, paradoxalement, pourrait renforcer le caractère communautaire de clients fortement liés à un groupe ethnique, culturel ou confessionnel. Pour leur fournir une relation d'affaires satisfaisante, la banque devra être capable d'avoir une approche très fine de la segmentation, des banquiers à la sensibilité culturelle adaptée ainsi qu'une gamme de solutions financières très spécialisées.

A l'opposé, les banques seront aussi amenées à gérer le patrimoine de clients internationaux, mobiles et aux domiciles multiples. Ils exigeront de nombreux points de contact, virtuels et physiques, avec leur banque privée. La vraie difficulté consistera à les assister dans le choix de leur domicile fiscal en gérant toute la complexité de leur profil.

Portés eux aussi par la vague démographique, nos clients bénéficieront d'une espérance de vie allongée. Chaque fortune devra donc financer le niveau de vie de ses bénéficiaires pendant de nombreuses années supplémentaires, avec un chevauchement plus long des générations. Les services de type «family office», guidant au moins deux générations en parallèle, feront partie intégrante de l'offre «private banking» type.

Les banquiers vont vieillir avec leurs clients. L'âge standard de la retraite sera amené à disparaître et, grâce à des contrats de travail plus souples, nos bureaux devraient compter un nombre grandissant de collaborateurs ayant dépassé la soixantaine. Des programmes de formation continue seront indispensables pour garantir la productivité tout au long d'une vie professionnelle couvrant de nombreux cycles technologiques et d'investissements.

La banque deviendra plus virtuelle. Les avancées en termes de télécommunication, de sécurité des données ainsi que la généralisation des centres de supports délocalisés fonctionnant en 24/7 permettront aux banquiers de passer plus de temps au sein de leurs marchés. Cette évolution ne signifie pas la disparition des locaux de la banque, mais certainement une réduction de leur surface. Elle entraînera par contre une flexibilité accrue de la répartition entre temps de travail et temps de loisirs. Les horaires 08h30-17h30 avec la pause déjeuner à midi deviendront rares.

Comme aujourd'hui, la banque se devra d'être performante financièrement. A cela vient déjà s'ajouter un nouveau sens de responsabilité sociale vis-à-vis de la communauté qui l'accueille, de ses clients et de ses employés. La culture HSBC en est imprégnée, à tel point que le CSR («Corporate Social Responsibility») est estimé à quatre milliards de dollars de la capitalisation boursière du groupe. Il est très encourageant pour nous tous de constater que HSBC est heureusement loin d'en avoir le monopole.

Publicité