Horaires

Ils travaillent de nuit, et ils aiment ça!

Ils sont boulangers, infirmiers, journalistes… et ils travaillent quand les autres dorment. Si ces horaires paraissent pénibles à l’ère où le bien-être semble essentiel, certains ont choisi ce rythme et s’y épanouissent

Il est presque 1 heure du matin et la devanture de la boulangerie Eric Emery est plongée dans le noir. Le quartier du Petit-Saconnex, à Genève, a l’air calme et tous semblent dormir. Tous? Non, en contournant le bâtiment, on aperçoit une lumière. Eric Emery, 57 ans, boulanger bien connu de la place genevoise, est là depuis une heure déjà. Il pétrit, badigeonne et enfourne nombre de croissants aux amandes, escargots et autres viennoiseries jusqu’au petit matin.

Eric Emery a ouvert l’enseigne du même nom en 1995, mais il exerce la nuit depuis quarante-trois ans. «Je ne me verrais pas du tout travailler la journée, expose-t-il tout en badigeonnant des cœurs de France. Je n’ai aucun problème à me coucher à 18h pour me lever à 23h. Mais me réveiller à 5h du matin serait plus compliqué pour moi.»