Emploi

Les travailleurs non-résidents en Suisse concentrent 21 milliards de francs de masse salariale

La Suisse emploie près de 300 000 frontaliers étrangers. Le nombre de travailleurs habitant en France a presque doublé depuis 2002, pour s’établir aujourd’hui à près de 160 000 collaborateurs.

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), la Suisse compte actuellement près de 300 000 frontaliers étrangers, dont près de 160 000 résidents en France. Ce chiffre a presque doublé depuis 2002. Avec un salaire médian d’environ 70 000 francs par an (+260% par rapport à l’Hexagone, ou ce même salaire est inférieur à 27 000 francs), cette seule population représente une masse salariale annuelle estimée à près 11,2 milliards de francs.

Lire aussi : Les employeurs suisses se découvrent des montagnes d’arriérés d’impôts frontaliers

Si l’on appliquait les taux de charges sociales françaises – part employeur uniquement, soit environ 47% –, le prélèvement serait de plus de 520 millions de francs par an, somme à laquelle il faudrait ajouter près de 260 millions (part employé calculée sur une base de 23%). La masse salariale de l’ensemble du bassin de frontaliers étrangers présents sur le territoire helvétique – d’Allemagne, d’Autriche, de France et d’Italie – tutoie les 21 milliards de francs. Ces statistiques ne comprennent cependant pas les frontaliers suisses résident sur un territoire étranger voisin.

Fourchette salariale haute

Toujours selon l’OFS, plus d’un tiers de la population frontalière travaille dans la région lémanique (108 269 personnes), contre un peu moins de 68 000 à Bâle et ses environs, quelque 10 000 personnes à Zürich, ou encore plus de 62 000 au Tessin. Globalement, à peu près 150 000 de ces employés gagnent des hauts, voire des très hauts salaires (directeurs, cadres de direction, scientifiques et professions intermédiaires).

L’économie genevoise, elle, a besoin de 318 000 postes de travail pour tourner. Mais le canton n’arrive à fournir que 196 300 travailleurs, soit 60%. Le solde provient, de régions helvétiques voisines (quelque 30 000 employés) et de France voisine (environ 90 000 actifs, soit quelque 28% des places de travail). En raison de la crise du logement à Genève, le nombre de frontaliers résident hors des frontières nationales (les trois quarts étant domiciliés en Haute-Savoie) a augmenté de 20% ces quatre dernières années.

Publicité