Opinion

Trente ans après la réunification allemande, abattons le mur de dettes à taux négatifs!

OPINION L’Allemagne devrait accepter une gouvernance budgétaire communautaire plus importante, affirme Florian Roger, stratégiste auprès d’Exane Derivatives

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, le mur de Berlin s’écroulait. L’Allemagne entamait le processus de réunification de son territoire. En contrepartie, elle s’engageait à abandonner la suprématie monétaire européenne que lui conférait la Bundesbank au profit d’une gouvernance communautaire. La France et les autres grands pays européens craignaient que l’Allemagne réunifiée ne devienne trop prédominante économiquement dans la région – sachant que les décisions prises à Francfort guidaient déjà largement les actions de leurs banques centrales. C’est ici qu’a germé la Banque centrale européenne (BCE).

Parallèlement, l’Allemagne s’attelait à un second défi monétaire. Pour ne pas faire injure aux deux modèles de société que prônaient les blocs qui s’affrontaient dans la guerre froide, elle optait pour la convertibilité: 1 Ostmark = 1 deutsche mark. Seulement, les deux Allemagnes n’avaient plus du tout le même niveau de développement. Il s’est ensuivi d’importants troubles économiques: déficit de compétitivité, désindustrialisation de l’ex-RDA, déplacements de populations, déséquilibres du marché immobilier. L’Allemagne a âprement souffert de ces maux durant la décennie 1990 et la première moitié des années 2000.