Finance

Trente mille postes supprimés dans les banques d’investissement

Les taux d’intérêt plancher, les faibles volumes échangés et l’automatisation provoquent un redimensionnement du secteur

C’est l’été de tous les dangers pour les banques d’investissement. La conjugaison de taux d’intérêt extrêmement bas, de faibles volumes de trading et des progrès de l’automatisation dessine des conditions d’exercice particulièrement ardues pour les géants de la finance mondiale. Depuis avril, ceux-ci ont annoncé près de 30 000 suppressions de postes, essentiellement en Europe, selon les calculs du Financial Times.

Lire aussi: Quelles alternatives face aux taux négatifs?

Avec 18 000 emplois biffés d’ici à 2022, Deutsche Bank représente plus de la moitié de ce total, au côté de grands groupes comme HSBC, Société Générale ou Citigroup. Au sein de ces derniers, les coupes annoncées représentent en moyenne 6% de l’effectif total, contre près de 20% pour Deutsche Bank. Barclays a supprimé 3000 postes au cours du deuxième trimestre, soit près de 4% de ses effectifs.

Baisse de l’emploi de 2%

Les emplois de trader sont les plus en danger, précise le quotidien financier britannique. Dans les matières premières et les valeurs mobilières, leur nombre a reculé de 2% en juin à New York par rapport à l’année précédente, soit l’équivalent de 2800 postes environ, selon les statistiques du Département du travail de l’Etat de New York.

Au-delà des circonstances propres à chaque établissement, des tendances globales tendent à émerger. Les taux d’intérêt plancher ou négatifs créent un environnement dans lequel il est difficile de générer des revenus. Les changements ne sont pas conjoncturels, analyse Ed Firth, de la banque d’investissement new-yorkaise Keefe, Bruyette & Woods, cité par le FT: «Les banques d’investissement font face à un changement structurel de leur profil de revenus. Les établissements qui gagneront à l’avenir auront les volumes, les systèmes et la puissance informatique. De combien de personnes auront-elles besoin?»

Concurrence des stratégies passives

Le secteur est confronté à une concentration des volumes vers les plus grands acteurs, tandis que le trading automatisé et les stratégies d’investissement passif sont nettement montés en puissance ces dernières années. Les nouvelles règles dites «de Bâle IV», qui entreront en vigueur progressivement dès 2022, vont en outre relever les exigences en capital et rendre le trading moins profitable.

Publicité