Le point de vue de Frédéric Binggeli, Banque privée Edmond de Rothschild, chroniqueur du Lundi Finance.

Avenir de l’euro

«Les problèmes sont loin d’être réglés, puisqu’il existe un déficit de fonctionnement structurel dans la majorité des pays de la zone et qu’il faudra retourner chercher des financements sur les marchés.»

Une solution d’urgence possible? «Mettre en place des contrôles des changes.» Ce n’est pas possible «directement dans une zone qui partage la même monnaie», mais cela peut être «mis en place via des contrôles des importations et exportations de capital».

Conjoncture américaine

«Leur politique d’injection de liquidité pourrait fonctionner. Mais elle risque aussi de créer de l’inflation en Chine.» Reste à savoir s’il s’agit d’un dommage collatéral ou d’un objectif visant à créer de l’inflation dans les pays émergents. «Dans les deux cas, cela se traduirait par un problème d’ajustement du coût de la main-d’œuvre et réglerait les déséquilibres mondiaux sur l’emploi.» Certains pays émergents «doivent déjà prendre des mesures et il semble clair que le protectionnisme au niveau des flux de capitaux va être une problématique cruciale dans les années à venir.»

Situation économique en Suisse

«Le franc commence à poser un sérieux problème pour l’industrie et le tourisme. Et cette appréciation n’est pas répercutée sur les prix intérieurs.» L’industrie financière «souffre également, mais surtout d’un excès de réglementation, qui pénalise la marche des affaires et tend à accroître le chômage». La Suisse représente cependant toujours «un havre relatif, ce qui attire des entreprises, des capitaux et des personnes». La situation se retournerait «si l’économie mondiale se redressait et si les flux migratoires s’inversaient d’un coup».

Quid de l’allocation d’actifs?

«Nous sommes devenus depuis un certain temps très prudents sur les obligations souveraines; nous préférons les emprunts des sociétés ou des pays émergents.» Concernant les actions, «les marchés ont rarement été aussi segmentés que ces dernières années. Si l’on avait exclu les financières en 2008, il aurait été facile de surperformer. Les investisseurs devraient s’intéresser à nouveau aux actions, qui resteront cependant volatiles.»