Qu’il s’agisse d’entrepreneurs, de salariés, de cotisants ou de retraités, tout le monde est concerné par la prévoyance professionnelle. En Suisse, près de 350’000 entreprises ont en effet le devoir d’affilier leurs collaborateurs. Elles ont la responsabilité à ce titre de mettre en place une couverture décente en cas de maladie ou de décès mais surtout de planifier une retraite appréciable.

Les instituts de prévoyance, appelés aussi fondations de prévoyance ou caisses de pension, sont catégorisés en trois types distincts. Chaque entreprise se doit ainsi de choisir dans le cadre de la prévoyance professionnelle de son personnel de fonder un institut de prévoyance totalement autonome, de rejoindre une institution semi-autonome ou de souscrire à une fondation d’assurance complète. Ainsi, chaque chef d’entreprise doit s’interroger sur la solution la plus adaptée à sa société.

On entend souvent parler d’institutions de prévoyance autonomes et semi-autonomes. Cette distinction renvoie à l’étendue des risques que l’institution de prévoyance assure auprès d’un assureur-vie.

Les institutions de prévoyance autonomes couvrent elles-mêmes les risques en cas de décès et d’invalidité. Elles supportent également le risque de pertes sur les marchés financiers. En Suisse, 99% des sociétés actives sont des PME. La gestion d’une caisse de pension autonome s’avère très coûteuse et non rentable pour elles, raison pour laquelle elles se destinent avant tout aux sociétés de plus 500 personnes.

De leurs côtés, les institutions de prévoyance semi-autonomes ont une approche légèrement différente. Elles supportent le risque de pertes sur les marchés financiers, mais assurent les risques en cas de décès et d’invalidité auprès d’un assureur-vie.

Quand une institution de prévoyance assure les risques liés au décès et à l‘invalidité ainsi que le risque de pertes sur les marchés financiers auprès d’un assureur-vie, on parle alors du modèle de l’assurance complète. Il s’agit généralement de PME affiliées à une fondation collective qui optent pour le modèle de l’assurance complète. Les assureurs-vie proposent alors leurs propres fondations collectives dans ce type de modèle.

Approche d’investissement différenciée

On observe aussi des différences entre ces trois types d’institutions au niveau de l’approche d’investissement privilégiée. Dans une fondation autonome ou semi-autonome, chaque entreprise a la possibilité via différents organes de déterminer ses directions d’investissement. Par contre, pour les institutions d’assurance complète c’est la fondation et ses organes qui décident de la stratégie d’investissement pour l’ensemble des entreprises affiliées.

Une possibilité s’offre encore à l’ensemble des entreprises toutes structures de prévoyance confondues. Ou plutôt, les entreprises peuvent réfléchir à une solution complémentaire pour leurs employé-e-s. En effet, le législateur du 2e pilier offre la possibilité aux assuré-e-s dont le salaire annuel s’avère supérieur à 126’900 francs de choisir individuellement leur stratégie de placement pour la partie supérieure à 126’900 francs. Si l’on prend comme exemple un collectif de 5 personnes, chacun des affiliés est libre de choisir sa stratégie de placement indépendamment des autres dans les limites des normes de placement édictées pour le 2e pilier.

Un tel aménagement ouvre des possibilités intéressantes à la fois pour les sociétés et leurs collaborateurs. La mise en place d’une solution complémentaire permet en effet à une entreprise de dynamiser sa prévoyance. Elle est en mesure de proposer à ses cadres une option supplémentaire à propos de sa gestion. Dans la pratique, on remarque que les entreprises d’origine anglo-saxonne – habituées au principe d’une gestion individualisée – sont très intéressées par cette alternative.

Pour un collaborateur, la personnalisation de sa prévoyance lui ouvre une dimension nouvelle. Il n’a plus besoin de se référer au rapport annuel de gestion de sa caisse de pension pour comprendre où ses économies sont investies. Il peut consulter en tout temps ses avoirs de prévoyance, à l’image d’un portefeuille de gestion de fortune. Il bénéficie d’un niveau de transparence supplémentaire.

A cela s’ajoute la possibilité de décider individuellement de la stratégie de placement la plus adéquate pour ses économies. Cette «liberté» ouvre à une gestion fiscalement efficiente de son patrimoine qui intègre les avoirs de prévoyance.

On se rend compte ainsi qu’au-delà des types de structures, employeurs et employés ont intérêt à réfléchir aussi à la gestion de la part sur-obligatoire de leur prévoyance. Il en va pour les uns de leur capacité à fidéliser leur personnel et pour les autres de leur avenir financier.