C’est un coup dur pour l’économie neuchâteloise. Douze heures après l’annonce d’une perte historique pour Swatch Group présent sur plusieurs sites dans le canton, Johnson & Johnson a fait part de son intention de supprimer 320 emplois dans ses filiales Ethicon et Medos, basées à Neuchâtel et à Marin.

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L’annonce est survenue jeudi soir, en marge de la publication des résultats annuels du groupe américain actif dans les technologies médicales (medtech) et les produits pharmaceutiques. Egalement engagée dans la course au vaccin contre le covid, la société a vu son chiffre d’affaires stagner en 2020. Son bénéfice net reculer de 2,6, à 14,7 milliards de dollars.

Ventes en recul dans le medtech

La division medtech du groupe a notamment souffert de l’impact de la pandémie. Les ventes y ont reculé de 10,6% dans ce segment. Un segment dans lequel sont justement actives les deux entités menacées par le projet de restructuration. Johnson & Johnson précise toutefois que les deux éléments ne sont pas liés.

Une procédure de consultation est ouverte et court jusqu’au 11 février. Selon les dirigeants de la multinationale, elle ne concerne pas une partie des effectifs qui travaillent pour Medos International Sàrl, «seuls quelques employés pouvant être concernés».

Le sentiment qu’on a, c’est que Johnson & Johnson entend «liquider» Neuchâtel.

Silvia Locatelli, secrétaire syndicale UNIA

Comme Johnson & Johnson n’est pas signataire de la Convention collective de travail, les syndicats ne seront pas partie prenante à cette étape. Une étape jugée «extrêmement courte» par Silvia Locatelli, secrétaire syndicale chez UNIA. Ce délai peut surprendre puisque les suppressions de postes ne seront pas effectuées avant le courant de l’année 2022, voire en 2023.

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Interrogé par la radio régionale RTN, Jean-Nat Karakash, conseiller d’Etat chargé de l’Economie, s’est dit «surpris» et «choqué». Il entend ouvrir la discussion avec les responsables du groupe pour «évaluer toutes les options possibles, s’il y en a, afin de maintenir les activités dans le canton».

Selon le projet actuel, une cinquantaine d’emplois resteraient en terres neuchâteloises, essentiellement des activités de support. «Même si Johnson & Johnson réitère son attachement à la Suisse, le sentiment qu’on a, analyse Silvia Locatelli, c’est que Johnson & Johnson entend «liquider» Neuchâtel.»

Le groupe emploie plus de 4000 personnes sur différents sites dans le pays, avec une douzaine d’entreprises dans différents cantons.

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