Bonnes et moins bonnes fortunes

Huawei

Par crainte d’une trop grande proximité avec le pouvoir chinois, l’équipementier télécoms Huawei est boycotté aux Etats-Unis. Rien de tel en Suisse, où la firme gère les réseaux fixe et mobile de Sunrise et lui vend du matériel. Swisscom achète aussi des équipements pour son réseau fixe à Huawei – un contrat de 300 millions de francs a été signé en février –, mais préfère le gérer avec ses propres employés. Orange se fournit aussi chez Huawei, qui compte 450 employés en Suisse. En avril, une perquisition a été menée par plusieurs polices dans les locaux zurichois de Huawei, la société étant accusée de ne pas respecter la loi sur les étrangers. Des travailleurs ont été expulsés. Le directeur de Swisscom a menacé de se fournir chez un autre constructeur si Huawei ne respectait pas le droit suisse.

Addax Petroleum

Fondée en 1994 par le milliardaire Jean-Claude Gandur, Addax Petroleum s’est rapidement profilé comme l’un des principaux producteurs de pétrole indépendant de l’Afrique de l’Ouest. Un accès aux ressources énergétiques de la région qui lui a valu d’être racheté en 2009 pour 8,1 milliards de francs par Sinopec, un géant pétrolier contrôlé par l’Etat chinois. Soit une prime de 47% par rapport au cours de l’action de la société genevoise, avant que l’offre publique d’achat ne soit dévoilée. «Pékin ne reconnaîtra jamais avoir trop payé, explique un connaisseur du milieu pétrolier à Genève, cela reviendrait à perdre la face. D’autant qu’à l’époque, les Chinois ne parvenaient pas à racheter des compagnies pétrolières étrangères, notamment aux Etats-Unis.»

Bank of China

L’expérience n’aura finalement duré que quatre ans. L’arrivée de Bank of China Suisse, annoncée en novembre 2008, fait la fierté de la promotion économique genevoise. Pourtant, les activités de la première filiale de banque chinoise en Suisse n’ont jamais décollé, ni dans la gestion de fortune, ni dans la gestion d’actifs. Elle avait tenté de développer une unité de fonds de placement offrant notamment un véhicule de droit suisse en renminbi, se targuant d’être la première à le faire. Pourtant, en juillet 2012, elle annonçait alors moins d’un milliard de francs sous gestion, alors qu’est rendu public son rachat par Julius Baer, avec qui Bank of China a, en même temps, signé un partenariat stratégique.