«Je suis plutôt conservateur et j'apprécie les dividendes élevés», explique Peter Lehner depuis son bureau de Zoug. Il y a bientôt neuf ans, il fondait le SaraSelect. Il le gère toujours, et le fonds se place parmi les trois fonds en petites et moyennes capitalisations suisses qui ont affiché des performances, nettes de frais, supérieures à 20% en 2004. Au sein de ce petit groupe, les résultats sont extrêmement serrés, avec des différences qui se sont comptées, dans les derniers jours de l'année, à moins de 1%. Les meilleurs chiffres sont le fait de deux petites structures et d'une banque de gestion: LODH. Les maisons étrangères n'ont pas voulu se lancer dans ce créneau. Peter Lehner est un gérant indépendant qui travaille à l'extérieur de la Banque Sarasin, la promotrice du fonds. 3V Invest Swiss Small & Mid Cap Fonds, un autre membre du trio gagnant, est également sous la responsabilité d'une toute petite équipe.

La fidélité du gérant a payé. Sur ces trois dernières années, le SaraSelect affiche la meilleure performance cumulée, 36%, selon les chiffres compilés par Standard & Poor's au 23 décembre. Mais le succès s'accommode aussi des changements de responsables. Le Vontobel Swiss Small Companies, un autre bon résultat sur un et trois ans, vient de changer de gérant au début du mois de décembre. C'est le quatrième en l'espace de trois ans.

«2005 pourrait bien voir un retour des pharmaceutiques, nous allons aussi nous intéresser aux grandes capitalisations», confie Bernhard Signorell. Comme la plupart de ses concurrents, le gérant du 3V Invest a la possibilité de placer une partie de son portefeuille dans les grands titres. «Nous sommes devenus plus défensifs», confirme Beat Kaeser, le responsable du LODH Swiss Cap (ex-SMI).

Les gérants des fonds à succès surpondèrent l'industrie des machines, ils ne s'intéressent pas aux titres financiers. Une demi-douzaine de titres se retrouvent en bonne place dans trois des quatre meilleurs portefeuilles: Saia-Burgess, Sika, Kühne & Nagel, SIG, Belimo et Geberit. 3V Invest se démarque en ne retenant aucun de ces favoris. Il préfère mettre l'accent sur la technologie.

Le talent se paie. Les trois meilleurs de l'année exigent des frais totaux sur encours (total expense ratio, TER) compris entre 1,6% et 1,8%.

Deux des quatre premiers fonds ont un petit frère qui n'a pas marché. Le Vontobel Swiss Mid & Small Cap et le LODH Opportunities Swiss Small & Mid Cap ont souffert de leur orientation sur les capitalisations moyennes. Elles ont nettement moins progressé que les petites. Curieusement, les plus petites capitalisations de l'indice SMI, qui est théoriquement réservé aux grandes, sont considérées comme de taille moyenne.