Or dans la valse aux bons résultats, le Swatch Group n'est pas un cas isolé. Car presque toutes les sociétés actives dans le secteur du luxe présentent des résultats en très forte croissance. Reste que pour les acteurs significatifs du domaine horloger-joaillier, il est cependant des niches plus intéressantes que d'autres. La première d'entre elles est, sans conteste, la joaillerie pure. «Le groupe Richemont avec la forteresse Cartier y est fort bien représenté, remarque Dieter Winet, mais le Swatch Group se lance également sur ce marché avec les bijoux Breguet et Swatch, marché sur lequel sont évidemment aussi très présentes des marques comme Bulgari et Tiffany.» Seconde au hit-parade des secteurs dégageant des profits élevés, la montre joaillerie – le Swatch Group réactive actuellement la marque Hatot dans ce segment – suivie de la montre mécanique haut de gamme. «Autant de secteurs, précise Dieter Winet, dans lesquels le Swatch Group est significativement présent et qui lui permettent de réaliser d'excellents résultats.» Mais l'industrie du luxe en général recèle aussi des activités moins profitables, à l'instar notamment du cuir et des instruments d'écriture.

Le secteur de la montre «fashion», beaucoup plus volatil que celui du luxe, ne présente pas les mêmes progressions que les marques prestige/haut de gamme. Ainsi le Swatch Group précise dans son communiqué que «le chiffre d'affaires de la marque CK présente un bon taux de croissance, bien qu'il ne soit pas du même ordre de grandeur que dans le segment haut de gamme».

L'intégration et le contrôle de la distribution sont également des opportunités d'engranger des profits supplémentaires. Or le Swatch Group intègre toujours davantage sa distribution, sans que sa stratégie en la matière n'ait véritablement été précisée. Dans tous les cas, conclut Dieter Winet, «le contrôle de la distribution permet certes de récupérer des marges, mais des marges probablement beaucoup plus faibles que celles liées à la production».

Michel Jeannot/ BIPH