Relations internationales

Trois pistes pour contrecarrer la puissance asiatique

Arturo Bris, professeur à l’IMD, affirme que l’Europe doit s’affirmer face à la Chine et aux autres Etats d’Asie. Selon lui, ces derniers ne respectent pas les règles internationales

L’Europe est peut-être coincée dans le jeu d’influence entre les deux grandes puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine. Mais elle n’est pas un continent sans ressources ou sans espoir. Elle détient de grands atouts qu’elle doit utiliser pour maintenir sa place et s’il le faut pour faire le trait d’union entre l’Est et l’Ouest.

C’est en substance le message qu’a livré Arturo Bris, professeur de finance à l’IMD et directeur du rapport annuel sur la compétitivité, mardi lors de l’ouverture de la conférence Horizon 2018 organisée par Le Temps. Il a d’emblée posé le cadre: la Chine jouit désormais du statut de puissance économique mondiale qui conquiert de nouveaux marchés et investit de plus en plus hors de ses frontières. Des entreprises et banques chinoises sont désormais classées parmi les champions mondiaux. «Toutefois, elles ont émergé grâce à une politique protectionniste à outrance», a-t-il dénoncé.

Xi Jinping pire que Donald Trump

«La Chine comme les autres pays asiatiques veulent accéder aux marchés étrangers, mais maintiennent les leurs hermétiquement fermés à la concurrence, a poursuivi Arturo Bris avec son franc-parler habituel. Le président américain, Donald Trump, est mauvais pour la concurrence mondiale, mais son homologue chinois, Xi Jinping, est pire.»

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Dès lors, le professeur de l’IMD a élaboré trois pistes qui aideraient l’Europe à défendre ses intérêts. En premier, il a demandé de rejeter «la mondialisation pratiquée par les dictatures. Ce n’est pas une valeur que nous pouvons accepter». Selon lui, l’Europe doit faire pression en faveur de l’instauration de l’Etat de droit en Asie. «L’histoire a montré que la domination économique n’était pas possible sans la démocratie», a-t-il déclaré.

Ensuite, l’Europe ne doit pas, selon lui, fermer les yeux sur le protectionnisme mis en place par certains Etats qui sont moins compétitifs. «Hormis Hongkong et Singapour, tous les autres pays asiatiques ne sont pas des économies de marché, a-t-il souligné. Ils ouvrent leurs portes, nous ouvrons les nôtres. Le protectionnisme n’a jamais été la bonne recette pour le succès.»

Domination culturelle

Enfin, Arturo Bris a affirmé que l’Europe doit maintenir sa «domination culturelle» sur l’Asie. Sur ce plan, il estime que cette dernière, qui ne compte que 13 grandes universités contre 32 en Europe et aux Etats-Unis, ne serait pas en mesure de défier l’Occident. «Nous devons utiliser notre savoir-faire pour imposer les valeurs démocratiques et d’ouverture économique.»

Et encore: La Chine, et nous et nous et nous

Le professeur de l’IMD, qui veut remettre l’Europe au premier plan, n’a pas manqué de rappeler que les Asiatiques, lorsqu’ils dessinent la mappemonde, mettent leur continent au centre, flanqué d’un côté des Amériques et de l’autre, de l’Europe et de l’Afrique.

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