La conférence sur le futur des communications électroniques dans le transport aérien s'est terminée jeudi à Genève. Elle a réuni quelque 600 acteurs de l'industrie mondiale de l'aviation civile, sous l'égide de la SITA, la société qui gère et développe depuis Genève le «réseau des réseaux» commun à l'ensemble du transport aérien.

Giovanni Strigari, vice-président de la SITA et responsable des relations avec l'industrie, explique pourquoi Internet a été au cœur des débats.

Le Temps: Les préoccupations essentielles du transport aérien tournent aujourd'hui autour des technologies Internet. Quels sont les principaux problèmes que pose le Web dans ce domaine?

Giovanni Strigari: Tous les participants à la conférence sont d'accord sur un point: l'impact d'Internet sera énorme sur le transport aérien. Mais pour que ce boom puisse rester sous contrôle, et ne sème pas la pagaille, il faut en comprendre les pratiques et revoir les produits offerts à la clientèle. Les compagnies aériennes, en particulier, doivent pouvoir maîtriser la globalisation des moyens informatiques, non seulement dans le domaine de l'achat et de la réservation des billets – sous cinq ans, la moitié des réservations se fera par le Web – mais aussi dans l'e-business qui fait interagir les compagnies avec leurs fournisseurs et leurs clients. Or, pour l'instant, il n'existe aucun plan directeur pour réguler ce développement. Nous ne devons pas rater cette occasion d'une plus grande intégration de toute l'industrie.

– Quelles solutions ont-elles émergé de la conférence de Genève?

– Nous en sommes encore à l'heure des constats et des évaluations. Jeudi, un débat réunissant des experts du CERN, de l'ONU, de Sabre (un des principaux systèmes de réservation au monde, ndlr) et du géant américain IBM a identifié les points sur lesquels un grand travail reste à faire, en particulier dans la sécurité des transactions et dans la protection des données. SITA a un rôle décisif d'interface à jouer entre les acteurs de l'industrie.

– Mis à part les compagnies aériennes et les

aéroports, quels secteurs sont concernés directement par le boom d'Internet?

– Les protocoles Internet seront sans doute utilisés dans le contrôle du trafic aérien, pour décharger les transmissions classiques des données automatisées. Mais ces systèmes ne sont pas encore opérationnels. Dans l'industrie spatiale, un comité formé des principaux intervenants travaille, de son côté, à la mise en place d'un réseau commun à la NASA, à l'ESA et aux Russes. Internet va faire exploser le chiffre d'affaires de l'informatique du transport aérien, qui se monte aujourd'hui à 3% du marché total (200 milliards de dollars).