L'Ouest vaudois se met au diapason: l'apprentissage n'y est pas assez valorisé, il faut donc stimuler vocations et contacts entre les écoliers et l'économie locale. Ce sera l'objectif du Carrefour des métiers qui se tiendra à Nyon du 7 au 10 mars prochain sous l'impulsion de l'Ecole professionnelle et commerciale de Nyon et de la Jeune chambre économique de La Côte. Cette première édition, calquée sur ce qui se fait déjà dans la région Riviera-Chablais, s'articule autour de l'apprentissage et de la formation. Elle s'adresse en priorité aux quelque 2600 élèves des classes de 7e et 8e de la région nyonnaise. Les organisateurs de la rencontre s'attendent toutefois à ce que 10 000 visiteurs – une majorité d'élèves en fin de scolarité – rendent visite aux professionnels, formateurs et apprentis invités. Quelque 25 PME, représentatives de l'économie locale, proposeront leur stand interactif. Le Carrefour est d'ailleurs autofinancé (50 000 francs) grâce à la location des stands. Trois questions à Michel Darbre, municipal des Ecoles de Nyon et président du Carrefour des métiers.

Le Temps: On voit fleurir de nombreux salons régionaux consacrés à l'apprentissage. Ne serait-ce pas plus judicieux d'organiser un forum romand qui ait plus d'impact?

Michel Darbre: Non. Justement, nous avons besoin de développer l'apprentissage au niveau de notre commune qui souffre d'un exode des jeunes vers le bout du lac. Pour cela, il faut commencer par provoquer des rencontres très locales entre ces jeunes et les entreprises qui pourraient leur offrir des places.

Il sera plus généralement question de formation?

Nous souhaitons susciter chez les élèves une réflexion plus large sur leur avenir. On oublie que certains peuvent se diriger vers des filières supérieures puis, une fois leur maturité en poche, opter pour une formation pratique. L'Orientation professionnelle et scolaire sera présente pour les aider à mieux cerner quelles sont les ressources à disposition.

Qu'attendez-vous des entreprises?

Nous n'espérons pas de retombées directes de leur part, mais plutôt qu'elles prennent conscience de la responsabilité qui leur incombe en matière de formation. Certaines multinationales ou des start-up de la région ne sont pas encore disposées à ouvrir des places aux apprentis et certains élèves ont dû renoncer à entrer dans la filière de leur choix, faute d'avoir pu trouver une formation pratique.

Propos recueillis par Sophie Tamool-Bourquin

Carrefour des métiers, place Perdtemps, Nyon, du 7 au 10 mars. Rens. et programme au 022/362 61 74.