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Trouver le courriel de n’importe quel dirigeant, en quelques clics seulement

GetEmail promet de trouver sur Internet les coordonnées professionnelles de tout cadre d’entreprise. La start-up parisienne, lancée en janvier dernier, dit doubler son audience tous les deux mois

Qui n’a jamais interrogé la Toile, dans l’espoir de dénicher l’adresse électronique d’un contact professionnel, qu’il soit simple employé, cadre dirigeant, directeur d’entreprise ou leader d’opinion? Le processus relève le plus souvent de la devinette. Il passe généralement par un recoupement laborieux de bribes d’informations dispersées en ligne. Ce qui prend en moyenne 5 minutes. A condition d’être méthodique, sinon chanceux. GetEmail promet d’y parvenir en quelques secondes, moyennant trois clics de souris.

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«Nous avons le meilleur produit actuellement disponible au monde», assure Gabriel Cian, ingénieur de formation et serial entrepreneur à l’origine du «renifleur d’e-mails» lancé en janvier dernier avec Nicolas Bahout, spécialiste de l’intelligence artificielle et anciennement parmi les 10 meilleurs experts de la mise en orbite de satellites. Leur dernière start-up serait à ce jour la seule du marché à afficher 70% de réussite dans la recherche de profils qualifiés.

Nous l’avons testée. Sur 23 recherches, le dispositif est parvenu à extraire 13 adresses. Ce qui correspond à près de 57% de contacts valides. Parmi les noms identifiés avec succès, figurent Michael Dell (fondateur de l’entreprise informatique éponyme), Jeff Weiner (patron de LinkedIn), Richard Branson (groupe Virgin), Marissa Mayer (directrice de Yahoo!). Mais aussi Jamie Dimon (PDG de JP Morgan Chase), Bill Gates (cofondateur de Microsoft), Jim Kim (à la tête de la Banque mondiale), Barack Obama (président des Etats-Unis), ou encore Travis Kalanick (cofondateur d’Uber). GetEmail n’a en revanche rien trouvé en ce qui concerne Christine Lagarde (directrice générale du Fonds monétaire international), Janet Yellen (présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine), Philipp Hildebrand (ex-président du directoire de la Banque nationale suisse), Eduardo Saverin (cofondateur de Facebook) ou le pape François.

Un détecteur auto-pédagogue

La start-up parisienne exploite des algorithmes de données de masse et d’apprentissage automatique («Machine Learning»). Ou plus exactement, elle déduit les emails de centaines de combinaisons orthographiques possibles, en s’inspirant des paramètres correspondants (adresses d’employés de la même entreprise, nom et prénom collés, avec ou sans trait de ralliement ou juste les initiales, etc.) puisées sur Internet. «La loi française nous interdit de prospecter des adresses privées. Nous observons une forte demande pour extraire les téléphones de clients potentiels, mais nous ne souhaitons pas le faire pour le moment, notamment pour des raisons de fiabilité technique», explique Gabriel Cian.

GetEmail fonctionne via LinkedIn – mais pourrait le faire sur n’importe quel autre réseau social –, moyennant le téléchargement d’un plugin Google Chrome. Des groupes comme Oracle, Dell, Total, Zendesk, Monster, Shopify, etc. ont déjà adopté ses services. Dans sa version gratuite (maximum 50 e-mails par mois) ou payante (de 50 dollars pour 300 adresses mensuelles à 149 dollars pour 2000 contacts).

«Nous enregistrons une croissance de 50% par mois, avec à ce jour quelque 3000 utilisateurs réguliers, dont environ 3% paient un abonnement», indique Gabriel Cian. Selon lui, la demande pour ce genre de service à la mode est très forte. GetEmail, qui n’a pas encore atteint son seuil de rentabilité, table sur une moisson de nouveaux adeptes outre-Atlantique. «Nous espérons pouvoir présenter dès septembre des chiffres suffisamment important pour séduire des investisseurs», conclut celui qui envisage de lever prochainement l’équivalent d’un million d’euros pour accélérer la croissance de son entreprise en démarrage.

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