Guerre commerciale

Trump se montre optimiste sur les négociations avec Pékin

Les négociations en vue de faire baisser les tensions entre les Etats-Unis et la Chine ont été prolongées d’un jour. Pour Donald Trump, «elles progressent bien». Pékin, plus sceptique, craint de nouvelles réclamations

Un tweet de plus. Cette fois-ci, Donald Trump a utilisé son moyen de communication favori pour exprimer son optimisme sur les négociations qui se sont déroulées lundi et mardi à Pékin, en vue de réduire les tensions commerciales entre les deux puissances mondiales. «Les discussions avec la Chine progressent bien», a lancé le président américain mardi matin à Washington. A cette heure-là dans la capitale chinoise, les négociateurs décidaient de prolonger les travaux d’une journée.

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Lundi à l’issue du premier round des négociations, c’était le secrétaire d’Etat au Commerce Wilbur Ross qui avait exprimé sa satisfaction. «Il y a de grandes chances d’aboutir à un accord raisonnable», a-t-il déclaré à la chaîne de télévision CNBC.

Volonté de Pékin

Dans la journée de lundi, la participation inattendue de Liu He, le principal conseiller économique du président chinois Xi Jinping, a été interprétée comme une volonté de Pékin de faire des concessions aux revendications américaines. Liu He doit par ailleurs rencontrer Robert Lighthizer, l’influent représentant américain au Commerce dans le courant du mois.

Orientés à la hausse mardi, les marchés ont pris au sérieux le vent d’optimisme qui souffle sur les négociations à Pékin.

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Cette réunion fait suite à la trêve dans la guerre commerciale signée le 1er décembre par Donald Trump et le Xi Jinping. Le cessez-le-feu échoit fin février. Sans compromis, Washington augmenterait les surtaxes de 10 à 25% sur des importations en provenance de Chine et étendrait aussi la liste de produits qui en seraient frappés.

Le président Trump sous pression

Parti en position de force, le président Trump est désormais aussi sous pression. En réalité, le ralentissement de l’économie chinoise lié à la guerre commerciale pénalise les entreprises américaines ayant des relations avec la Chine. La semaine passée, Apple a publié un avertissement sur ses résultats; la vente d’iPhone en Chine s’est effondrée de presque un tiers ces derniers mois. Des dizaines d’autres entreprises américaines se retrouvent dans la même situation.

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Il n’empêche, l’économie chinoise paie le plus lourd tribut dans cette guerre commerciale. Pékin se retrouverait rapidement sous pression si l’économie devait ralentir davantage. D’où son empressement de satisfaire les revendications américaines.

Sept sujets litigieux

Pour Caixin, le journal chinois en ligne, il y a sept sujets litigieux en lice. En premier, la protection de la propriété intellectuelle et la fin de la pratique qui oblige les entreprises étrangères à partager les secrets de production avec leurs partenaires chinois. Deuxièmement, le rôle de Huawei, le géant chinois des télécommunications que les Etats-Unis ont banni pour une question de sécurité nationale. Troisièmement, la stratégie Made in China 2025, dont l’objectif est de faire de la Chine une championne technologique, que les Etats-Unis voient comme un défi à leur propre supériorité.

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Autre sujet à controverses: trouver une entente entre les Etats-Unis, devenus premier producteur mondial d’énergie, et la Chine, dont la consommation ne cesse de croître. Enfin, il s’agit de l’accès au marché chinois pour le soja, pour le secteur automobile ainsi que pour les services financiers américains.

Force est de constater que Pékin ne démontre pas le même enthousiasme que les Américains sur les résultats des négociations. Malgré les progrès apparents, China Daily, organe officiel du pouvoir chinois, note que la politique américaine vis-à-vis de la Chine en matière de technologies ne devrait pas changer. «Les Etats-Unis ne cesseront pas de faire de nouvelles revendications», anticipe le journal dans son édition de mardi.

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