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L’administration Trump ne manifeste ni une quelconque volonté de négocier avec ses partenaires ni ne révèle quelles concessions elle espère obtenir de la Chine.
© Joshua Roberts/Reuters ©

La Chronique des changes

Quand Trump veut changer les règles

CHRONIQUE. Les marchés se sont montrés fébriles durant les dernières périodes estivales. Avec la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, cet été ne devrait pas faire exception

La période estivale a souvent été synonyme d’agitation au cours des dernières années. Que ce soit la crise de la dette grecque, les tensions entre les pays membres de la zone euro ou encore le vote sur le Brexit, la volatilité a presque toujours été au rendez-vous. Il est vrai que la réduction saisonnière du volume des transactions peut justifier un environnement plus volatil; cependant, force est de constater que la géopolitique a tendance à prendre une place prépondérante durant cette période de vacances. Cet été 2018 ne fera pas exception, puisque, en plus de la publication des résultats semestriels des sociétés, les incertitudes générées par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine (et potentiellement le reste du monde) vont tenir les investisseurs en haleine.

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Après des mois de spéculations, Donald Trump est passé vendredi à l’acte en mettant en application ses droits de douane sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises. Quelques heures plus tard, la Chine a, comme prévu, répliqué par la mise en place de mesures similaires portant sur un montant équivalent. La seule différence réside dans le type de produits visés par ces mesures. L’administration états-unienne s’est focalisée sur les produits technologiques et industriels, ainsi que sur les véhicules, alors que la Chine s’est davantage concentrée sur les produits agricoles tels que le porc, le bœuf et le soja. Les importations de pétrole seront également sanctionnées par des taxes chinoises.

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Selon les dernières déclarations de Donald Trump, ces mesures punitives ne font partie que d’une première offensive puisqu’il a d’ores et déjà menacé d’étendre ces taxes douanières à plus de 1300 produits chinois, ce qui correspond à plus de 50 milliards de dollars de produits. Connaissant le tempérament imprévisible du président américain, il reste difficile de deviner l’objectif final de ces attaques frontales contre ses principaux partenaires commerciaux. Les Etats-Unis ont notamment menacé de taxer les importations en provenance de l’Union européenne, du Canada et du Mexique. Avant de pouvoir espérer une issue heureuse, il faudrait que l’administration Trump manifeste une quelconque volonté de négocier, mais aussi qu’elle révèle, dans une certaine mesure, quelles concessions de la part des Chinois elle espère obtenir. Pour l’instant, ces deux points restent flous.

Le dollar, arme décisive pour les Etats-Unis

Dans un monde où la globalisation et le multilatéralisme sont désormais la règle, l’instauration de barrières commerciales de manière unilatérale ne peut que pénaliser le pays instigateur. Certes les Etats-Unis ne sont pas n’importe quel pays: ils restent la première économie mondiale et le dollar est encore la monnaie de réserve mondiale, ainsi que l’arme la plus puissante de son arsenal. Cependant, ses principaux partenaires commerciaux commencent à perdre patience face à l’insolence et l’autoritarisme du président états-unien. Il ne serait donc pas surprenant que les pays visés par ces taxes douanières entament des négociations dans le but d’opérer un rapprochement stratégique entre eux.

Du côté du marché des changes, les annonces de vendredi dernier ont eu peu d’effet, ce qui tend à suggérer que cette escalade des tensions commerciales avait été anticipée par les marchés, le billet vert s’étant déjà considérablement apprécié au cours du deuxième trimestre.

Du point de vue des investisseurs, il reste difficile de se positionner avec plus ou moins de certitude tant les conséquences d’une aggravation de la situation sont difficiles à anticiper. Comment l’instauration de ces barrières commerciales va-t-elle impacter l’économie américaine? Pour l’instant, les investisseurs ont davantage pénalisé le yuan – ainsi que les monnaies des pays émergents et des principaux partenaires commerciaux de la Chine comme l’Australie – et les actions chinoises, alors que le dollar a été préservé de par son statut de monnaie refuge. La prévalence du dollar sur la scène internationale suffira-t-elle à le protéger d’une chute dramatique? Au vu de l’évolution du marché des changes, il semblerait que les investisseurs soient encore dans l’expectative. Une chose est certaine cependant, les consommateurs et les sociétés tournées vers l’exportation seront les premiers à en souffrir.

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