Le vent a tourné pour l'industrie suisse au troisième trimestre, affirme le dernier sondage d'UBS. Si les entreprises helvétiques bénéficient encore de stimulants, ceux-ci se tassent à vue d'œil, constate la banque. Sur les marchés, il n'a pas fallu attendre les derniers résultats du sondage d'UBS pour qu'un grand nombre de valeurs industrielles dévissent. Ainsi, l'indice qui regroupe les entreprises de biens et services industriels suisses perd 43% depuis le début de l'année, soit pas loin de la chute de 50% essuyée par le secteur financier.

Eviter les sociétés endettées

A leur valorisation actuelle, certaines entreprises industrielles sont devenues des opportunités d'investissement à long terme. Selon Patrick Laager, analyste chez Vontobel, le fabricant lucernois d'ascenseurs Schindler génère plus de la moitié de son chiffre d'affaires avec ses services de maintenance. ll est très bien diversifié géographiquement et dans toutes les gammes de produits. «La société profitera des nouvelles normes de sécurité européennes dans les ascenseurs pour les rénover. En Chine, ils devraient jouir d'un fort potentiel de croissance, grâce à un nouveau produit. Schindler est ainsi idéalement positionné pour résister à la crise», relève l'analyste.

De son côté, Zehnder a un bilan solide. Le fabricant argovien de chauffage est également actif dans les systèmes de contrôle de ventilation, notamment pour les centres commerciaux. «Il dispose ainsi d'un grand potentiel de croissance en Asie. De plus, il fabrique des équipements peu gourmands en énergie, ce qui offre des opportunités sur les marchés suisse et allemand», estime Patrick Laager. Dans une phase où il est encore très difficile d'évaluer la durée et l'impact du ralentissement, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, conseille, lui, de privilégier les entreprises faiblement endettées. Le fabricant de systèmes sanitaires Geberit et le spécialiste des pompes à chaleur Schulthess disposent tous deux d'une quote-part des fonds propres particulièrement élevée et d'une croissance soutenue. Par ailleurs, une récente étude de Helvea recommande les sociétés qui génèrent des cash-flows élevés et réguliers, comme Bobst et Kaba.

Pour Patrick Laager, le titre Bucher a trop corrigé. Grâce à ses cinq différents segments, le fabricant zurichois de machines agricoles parviendra à minimiser l'impact négatif de la crise. «Bucher dispose d'un fort potentiel de croissance dans les marchés émergents, grâce aux paysans qui se tournent vers les biocarburants. Cela nécessite de nouveaux équipements que fabrique Bucher», commente l'analyste.

Cycliques sous pression

Quant à Rieter, il a lourdement chuté à la bourse. «Mais un potentiel supplémentaire de baisse subsiste. Dans le textile, les conditions des marchés sont très mauvaises. La division automobile souffre de problèmes structurels. De plus, les données des fabricants de voitures pour le mois dernier sont très négatives», relève Patrick Laager.

Autre titre en recul, Georg Fischer a déjà perdu la moitié de sa valeur. Le conglomérat industriel schaffhousois, dont un tiers du chiffre d'affaires dépend du secteur de l'automobile, peut encore subir davantage les effets du ralentissement de la conjoncture mondiale.