Réseau social

Twitter pourra-t-il s’en sortir sans se faire racheter?

Le site a encore déçu avec ses résultats. La faute à un modèle pas clair, selon des analystes. Des difficultés qui pourraient faire de Twitter une proie facile

L’affaire Yahoo! ayant été réglée en début de semaine avec son rachat par Verizon, c’est désormais Twitter qui peut prendre le devant de la scène dans la catégorie entreprise tech à la peine. Ce n’est pas que les attentes envers le réseau social étaient élevées. Mais Jack Dorsey, son fondateur et, à nouveau, directeur général depuis un an, a réussi à les décevoir.

Mardi soir, en après bourse, le titre a chuté de près de 12%. Mercredi en fin de journée, il continuait de s’enfoncer. Les revenus de la publicité liée à la vidéo ne vont pas décoller aussi vite qu’espéré, a annoncé Twitter. Ainsi, le chiffre d’affaires du prochain trimestre sera bien au-delà des anticipations. L’entreprise continue de perdre de l’argent (perte nette de 107 millions de dollars). Des déceptions en série qui ont déjà conduit des analystes à jeter l’éponge. «Espérer n’est pas une stratégie», a expliqué l’un d’eux il y a quelques semaines.

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Hausse du nombre d’utilisateurs

Bonne nouvelle relevée par les analystes, le nombre d’utilisateurs augmente quand même. Ils étaient trois millions de plus à fin juin, soit 313 millions au total. Pas de quoi emballer les analystes: non seulement la hausse est lente, mais les rivaux se multiplient avec Instagram, Snapchat etc. Cité par le FT, Robert Peck, analyste chez SunTrust Robinson Humphrey, estime que Twitter compte environ 136 millions d’utilisateurs actifs par jour, contre 150 millions pour Snapchat, alors que l’application qui cartonne chez les moins de 25 ans est deux fois plus jeune. Instagram en compte plus que le double (300 millions) et Facebook environ huit fois plus.

Jack Dorsey, qui voulait faire de Twitter «la première fenêtre sur le monde» pour ses utilisateurs, n’est donc pas encore au bout de ses peines. Notamment parce qu’il «perd encore beaucoup trop de temps à courir après Facebook», estime Stéphane Ozil, consultant chez Ozil Conseil. Alors que les deux plateformes n’ont rien à voir, poursuit-il, considérant que les rapprocher revient à comparer une formule 1 et un tracteur: «Les deux sont puissants mais il serait ridicule de leur faire faire la course.»

Recentrer la stratégie du réseau social

Pour le spécialiste des réseaux sociaux, Twitter devrait se concentrer sur ce qui fait sa spécificité, un réseau social lié à l’actualité, où l’on peut suivre des experts etc. Comme LinkedIn a choisi son créneau sans jamais se comparer à Facebook. Un exemple: l’une des premières mesures de Jack Dorsey à son retour a été d’essayer de mettre en place un algorithme pour faire remonter les tweets jugés les plus intéressants. Comme Facebook, mais «en cassant l’intérêt de Twitter». Un changement auquel le responsable a finalement renoncé.

Tout n’est pas noir dans l’univers de Twitter. Les experts soulignent certaines nouvelles annonces, comme le développement de la diffusion d’événements en direct. Dans ce domaine, plusieurs partenariats ont été signés dans le domaine du sport par exemple. Mais là aussi, Twitter risque de se faire rattraper par d’autres. Snapchat comme Facebook et Youtube s’intéressent à la diffusion en direct d’événements.

Twitter, une proie facile

Reste la question de l’indépendance. La situation en bourse – -77,6% depuis son plus haut juste après l’IPO fin 2013 – pourrait faire de Twitter une proie facile. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’action avait rebondi de 26,8% depuis le rachat de LinkedIn par Microsoft (avant la publication des résultats).

Dans le cas de Twitter, ce serait Alphabet l’acquéreur favori, selon une majorité d’analystes. Avant la fin de l’année, pariait Peter Garnry, chef de la recherches-actions de Saxo Bank, cité par MarketWatch il y a un mois. Pour une raison simple, cela pourrait redonner du poids au géant de la tech dans un domaine où il s’est largement fait dépasser par Facebook, Google + n’ayant jamais vraiment réussi à convaincre.

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