Technologies

Uber passe à la vitesse supérieure dans la voiture autonome

Uber veut passer à la vitesse supérieure dans ses projets de développement de voiture autonome. Le service américain de réservation de véhicules par téléphone mobile a annoncé jeudi toute une série d’initiatives dans ce secteur, dont un accord avec le constructeur suédois en mains chinoises Volvo

L’accord avec Volvo, qui est contrôlé par le groupe chinois Geely, prévoit un investissement commun de 300 millions de dollars et l’utilisation d’un même véhicule pour les phases de tests. Les deux partenaires se connaissent déjà bien pour faire partie d’un même lobby aux Etats-Unis dont le but est d’accélérer le développement des véhicules autonomes, qui pose des problèmes non seulement techniques mais aussi juridiques et légaux.

Volvo avait commencé en 2014 à tester un véhicule autonome dans les rues de la ville suédoise de Göteborg, et Uber en fait de même aux Etats-Unis à Pittsburgh, dans l’Etat de Pennsylvanie, même s’il s’agit en l’occurrence d’un modèle de la marque Ford. Uber a d’ailleurs installé en 2015 dans cette dernière ville son centre de recherche sur les véhicules autonomes.

Le partenariat devrait rapidement prendre forme, Uber affirmant déjà pouvoir déployer dès la fin de ce mois un projet pilote avec des voitures autonomes à Pittsburgh. A leur bord, des employés se contenteront de surveiller les opérations, sans conduire.

Autorisation nécessaire

Uber n’a pas précisé combien de voitures seront déployées, mais le Wall Street Journal évoque une centaine de Volvo XC90, le «Sport Utility Vehicle (SUV)» du constructeur suédois. Selon Uber, il n’y aura pas que des Volvo, mais aussi des Ford.

L’annonce semble toutefois un peu prématurée puisque la Commission des services publics de Pennsylvanie (PUC) n’en a pas encore entendu parler. «Nous attendons d’être informés par Uber de leurs projets. Nous avons demandé des informations mais nous n’avons pas reçu de demande de leur part», a indiqué à l’AFP Nils Hagen-Frederiksen, un porte-parole. Il a souligné que ce service ne pourrait être mis en place sans l’accord de la PUC.

La décision de s’associer à Volvo dans la voiture autonome tient compte de l’acquis de ce constructeur dans le secteur, mais aussi de son image liée à la sécurité, a reconnu Uber jeudi. «Plus d’un million de personnes meurent dans des accidents de voiture chaque année. Ce sont des tragédies que les technologies de conduite autonome peuvent aider à éviter, mais nous ne pouvons pas le faire seuls», a déclaré le patron d’Uber, Travis Kalanick.

«C’est pourquoi notre partenariat avec un grand constructeur comme Volvo est si important. Volvo est un leader en termes de développement et le premier de la classe quand il s’agit de la sécurité», a poursuivi Travis Kalanick. Mais Uber ne s’est pas arrêté là.

Acquisition

Il a également annoncé jeudi le rachat de la start-up californienne Otto, qui développe des logiciels pour les véhicules autonomes. L’un des cofondateurs d’Otto, Anthony Levandowski, sera désormais chargé de diriger les efforts d’Uber dans le développement des véhicules sans conducteurs, a précisé Travis Kalanick dans un blog.

Le montant de l’acquisition n’a pas été indiqué, tant Uber qu’Otto n’étant pas cotés en bourse, mais la presse américaine évoque près de 700 millions de dollars (669 millions de francs). Otto, qui emploie environ 90 personnes, s’était fait connaître en mai en annonçant qu’il travaillait sur un logiciel de conduite autonome destiné aux camions.

Ses fondateurs, Anthony Levandowski et Lior Ron, ont travaillé respectivement dans le passé sur les projets de voiture sans chauffeur Google Car et de cartographie Google Maps. Anthony Levandowski a également conçu dans le passé une moto autonome.

Les voitures autonomes représentent l’un des secteurs les plus en pointe dans la recherche automobile, les constructeurs rivalisant d’annonces pour présenter des voitures capables de se conduire et de se diriger toutes seules. L’américain Ford ou l’allemand BMW se sont récemment fixé l’objectif d’une production en série en 2021.

Géants informatiques dans la course

Outre les constructeurs traditionnels, des géants de l’internet comme Alphabet (Google) et Apple sont également sur les rangs. Beaucoup de ces acteurs ont dit envisager l’utilisation des véhicules autonomes dans le cadre de services à la demande (taxi, covoiturage ou voitures partagées).

Selon leurs promoteurs, de tels véhicules permettront non seulement de réduire la mortalité routière, mais également de fluidifier le trafic et de diminuer la pollution automobile.


Lire aussi:

Publicité