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Depuis l’année dernière, la société californienne a établi de nouvelles règles visant à promouvoir l’égalité hommes-femmes au sein de son organisation.
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Recrutement

Uber fait de la place aux femmes

Après avoir essuyé une série de scandales, l’entreprise américaine a récemment mis en place de nouvelles règles favorisant l’inclusion au sein de ses équipes. Y compris en Suisse

L’année dernière, plusieurs salariés d’Uber ont été accusés de harcèlement. L’ancien directeur de la firme californienne, Travis Kalanick, a fait lui aussi l’objet d’une enquête pour le même motif. En juin dernier, il annonçait sa démission, ainsi que celle de son bras droit. Et l’entreprise se séparait de 20 collaborateurs, essentiellement employés au siège de San Francisco, dénoncés pour harcèlement sexuel et discrimination.

Lire aussi: Uber renvoie 20 salariés après des plaintes pour harcèlement

Un an après le scandale, Uber affirme avoir fait peau neuve. «Nous avons entamé un changement culturel de fond, affirme Steve Salom, responsable d’Uber pour la Suisse, l’Autriche et la France, qui compte 200 personnes dans son équipe. Beaucoup de choses ont changé depuis l’année dernière. Dans notre politique de recrutement et de ressources humaines, notamment, nous sommes passés d’une culture de start-up et de croissance rapide à une culture de croissance pérenne et responsable. En fait, nous devenons une entreprise adulte.»

CV anonymes

Augmenter l’embauche des femmes chez Uber est l’un des premiers chantiers mis en place, déclare la société. Pour éviter les biais inconscients dans le recrutement, l’entreprise anonymise les CVs qu’elle reçoit afin de les analyser en toute objectivité. Sur internet, la description des postes à pourvoir a été retravaillée afin d’encourager aussi bien les candidatures masculines que féminines. Pour les postes seniors notamment, il est désormais obligatoire de recevoir en entretien au moins une femme avant de faire son choix définitif. Quant à l’équipe qui fait passer cet entretien, elle doit être évidemment diverse, assure Uber.

«Ce n’est qu’un début, nous avons encore beaucoup de travail à accomplir»

A l’interne, tous les managers ont également des sessions de formation pour favoriser l’inclusion et la diversité. Une stratégie qui commence à porter ses fruits: aujourd’hui, 34% des 18 000 employés d’Uber dans le monde sont des femmes. Cette proportion est de 39% dans les pays d’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique. Mais pour les postes techniques, la part de femmes est de 15% seulement. Et elles n’occupent que 22% des postes dans les postes de direction.

«Ce n’est qu’un début, concède Steve Salom, nous avons encore beaucoup de travail à accomplir.» Pour continuer sur sa lancée, Uber a engagé une responsable de la diversité et de l’inclusion, Bo Young Lee, qui travaille au siège de l’entreprise en Californie. Et a sorti son premier rapport sur la diversité chez Uber, qui aborde non seulement l’égalité des genres au sein de l’entreprise, mais aussi celle des ethnies. L’entreprise porte aussi une attention particulière aux droits des personnes LGBT, et de celles de confession juive, musulmane, ou encore d’origine asiatique.

Postes de direction

Aujourd’hui, plusieurs femmes occupent des fonctions de direction au sein de la société, comme Liane Hornsey, directrice des ressources humaines de la société, Rachel Holt, directrice générale d’Uber aux Etats-Unis et au Canada, Jill Hazelbaker, vice-présidente des relations publiques ou encore Arianna Huffington, membre du conseil d’administration par ailleurs politicienne et fondatrice du site d’actualités The Huffington Post.

Anouk Geertsma, elle, a rejoint Uber en mai 2017 comme directrice des ressources humaines des régions Europe, Moyen Orient et Afrique. Elle travaillait auparavant chez Booking.com. Son objectif est clair: «Nous voulons faire d’Uber un endroit où les conditions de travail sont excellentes, où tout le monde se sent à son aise, en sécurité, respecté et engagé.»

Transparence accrue

Toutes ces contraintes ont évidemment ralenti le processus de recrutement, mais dans le même temps, celui-ci est devenu plus transparent, assure Uber. La même énergie s’applique au niveau des salaires, où les inégalités de rémunération sont passées à la loupe et gommées. «Les évaluations des employées sont aussi plus transparentes qu’avant, indique Anouk Geertsma, et permettent vraiment aux gens de donner leur avis sur la collaboration et le travail en équipe». Un rendez-vous qui a lieu tous les six mois et qui permettrait aux employées de signaler des problèmes de harcèlement, si la situation se produisait.

Désireuse de redorer son image, Uber a mis Le Temps en contact avec l’une de ses jeunes employées. Alice Valenti, recrutée au service marketing d’Uber en août 2014, se montre donc très à l’aise au sein de l’entreprise. A l’époque, son embauche a pris trois mois au total et a été mûrement réfléchie. «J’ai passé des entretiens avec beaucoup de personnes exerçant dans différents services, explique-t-elle. Le but était de voir si nous arrivions à nous entendre et à travailler ensemble.»

Deux ans plus tard, elle postule au programme de mobilité de l’entreprise, «Nomad», qui permet aux salariés, hommes et femmes confondus, de passer trois mois dans un des bureaux d’Uber à l’étranger. C’est ainsi qu’Alice, aujourd’hui âgée de 33 ans, s’est retrouvée en Suisse, où elle est finalement restée.

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