Mobilité

Uber renonce à conquérir la Chine 

Le leader du marché dans le pays, Didi Chuxing, rachète les activités locales du groupe californien. C’est la fin d’une guerre des tarifs acharnée

Uber a fini par renoncer. Le géant américain des voitures de transport avec chauffeur (VTC) a annoncé lundi avoir vendu ses opérations en Chine à son concurrent local, Didi Chuxing. En échange, Uber recevra des parts équivalant à 20% de l’entité fusionnée, ont expliqué les deux entreprises dans leur communiqué respectif. La valeur totale du nouveau groupe s’élèvera à 35 milliards de dollars, selon l’agence Bloomberg.

Didi, la principale application de réservation de VTC, avec environ 85% de parts de marché en Chine, remporte ainsi la guerre acharnée à laquelle se livraient les deux concurrents dans le pays. Uber aura finalement dépensé en vain des milliards de dollars pour s’y faire une place.

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Un «adversaire redoutable»

Arrivée au début 2014, l’entreprise s’est néanmoins installée dans une soixantaine de villes, avec plus de 40 millions de trajets enregistrés chaque semaine. Elle s’était abrogée 10 à 15% du marché des VTC. Mais Didi, avec quelque 300 millions d’usagers inscrits à travers 400 villes, restait largement devant.

Le patron et fondateur d’Uber, Travis Kalanick, s’est exprimé via Facebook, qualifiant Didi d'«adversaire redoutable». En février, il révélait aussi que sa société brûlait plus d’un milliard de dollars par an en Chine, notamment en subventionnant les trajets pour réduire les tarifs. Didi avait été contraint d’adopter la même stratégie pour résister.

Cette bataille est désormais terminée. Et en Chine, ce nouveau monopole inquiète déjà chauffeurs et utilisateurs. Les premiers craignent pour leurs primes et le second pour les tarifs futurs.

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Participations croisées

Dans le pays, Uber continuera d’opérer sous son nom avec sa propre application, tandis que Travis Kalanick rejoindra le conseil d’administration de Didi Chuxing, dont Uber sera désormais le principal actionnaire. Le groupe chinois précise qu’il obtiendra une participation minoritaire dans Uber.

L’annonce de fusion intervient par ailleurs juste après la légalisation complète fin juillet par Pékin des applications de réservation de véhicules avec chauffeur – une décision à rebours du durcissement croissant observé en Europe. A quelques conditions toutefois: les tarifs en deçà des véritables coûts sont interdits. La voie choisie par Uber pour conquérir la Chine n’avait donc plus lieu d’être.

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