Technologie

Uber s'émancipe de Google en créant ses propres cartes

Le service de transport multiplie les initiatives pour créer ses propres cartes. Il vient aussi de débaucher l’ancien responsable de la recherche chez Google

Uber et Google, c’est une histoire d’amour qui semble de plus en plus compliquée. Le service de transport multiplie les initiatives pour s’émanciper du moteur de recherche. En l’espace de quelques jours, Uber a recruté l’un des ingénieurs star de Google, Amit Singhal, auparavant responsable de la recherche au sein de la multinationale. Uber multiplie aussi les initiatives pour créer ses propres cartes. En ce début de semaine, il a annoncé vouloir cartographier Singapour.

A l’origine, Google et Uber ont des liens forts. Le premier a injecté en 2013, via son fonds d’investissement, 258 millions de dollars dans le capital de la société de transport, toujours déficitaire. De plus, le service Google Maps sur smartphone inclut, parmi ses options de déplacement, Uber aux côtés des transports publics, du vélo ou de la voiture. Enfin, Uber se fonde sur les cartes de Google pour sa propre application et pour permettre à ses chauffeurs de s’orienter.

Caméras sur les voitures

Mais les choses changent. Ainsi, en ce début de semaine, Uber a annoncé qu’il allait élaborer ses propres cartes de Singapour. «Les cartes actuelles sont un bon point de départ, mais des informations ne sont pas utiles pour Uber, comme la topographie des océans. Et nous devons en savoir plus sur plusieurs points, comme des données de trafic et des endroits précis pour prendre et déposer des passagers» a écrit Manik Gupta, directeur opérationnel d’Uber. Pour arriver à ses fins, la société a équipé certains véhicules appartenant à ses chauffeurs de caméras capables de récolter des données pour créer des cartes.

Uber ne se limite pas à Singapour. Des voitures équipées de caméras circulent aussi aux Etats-Unis, au Mexique, au Canada, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et en Australie. En juillet 2016, des premiers éléments de cette nouvelle stratégie avaient fuité. Le «Financial Times» affirmait qu’Uber voulait investir 500 millions de dollars dans ses propres cartes. Uber a depuis noué des partenariats avec des éditeurs de cartes tels TomTom et DigitalGlobe. Uber a aussi racheté la société deCarta. En 2015, la multinationale avait déjà fait l’acquisition du service de cartographie de Bing, appartenant à Microsoft, embauchant du même coup 100 de ses employés.

Transfert de cerveaux

Uber ne se contente pas de vouloir baisser sa dépendance à Google, tout en l’attaquant sur le marché des voitures autonomes. La société s’empare aussi de certains de ses talents clé. A commencer par Amit Singhal, le responsable de la recherche qui avait quitté Google l’an dernier. L’homme avait passé quinze ans au sein du moteur de recherche, dont il avait réécrit plusieurs algorithmes clé. Le 176e employé de Google est désormais chargé de superviser toute la partie logicielle d’Uber. Ce n’est pas le premier coup réalisé par la société de transport: Brian McClendon, un expert en cartographie, et Anthony Lewandowski, spécialiste des voitures autonomes, sont aussi récemment passés de Google à Uber. En parallèle, en août 2016, David Drummond, travaillant pour le moteur de recherche, quittait son poste d’administrateur au sein d’Uber.

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