Transport

Uber, un empire mondial face aux doutes

Ni la colère des chauffeurs, ni les scandales à répétition, ni ses pertes financières ne freinent pour l’heure Uber, qui a effectué vendredi une entrée en bourse record à Wall Street. L'action a cependant ouvert sous son prix d'émission 

Plus de 76 milliards de dollars de valorisation, 8 milliards levés malgré une perte de plus de 3 milliards en 2018… L’entrée en bourse d’Uber, vendredi à Wall Street, est exceptionnelle à tous points de vue. C’est la plus grande opération de ce genre depuis celle d’Alibaba en 2014 – et sa capitalisation de 168 milliards de dollars – et celle de Facebook en 2012 (104 milliards). Engagée dans une diversification à outrance et sous pression croissante de chauffeurs qu’elle refuse de reconnaître comme ses employés, la société californienne est une multinationale hors norme.

A l’heure de sonner la cloche, symbole de l’ouverture de Wall Street, Dara Khosrowshahi, directeur de la société, pouvait esquisser un sourire. Mais l’action, dont le prix initial avait été fixé à 45 dollars (autant en francs), chutait initialement de 6,6% à 42,02 dollars, une déception pour la société. Uber vaut donc 76 milliards de dollars. Mais la société, fondée il y a dix ans, aurait pu être valorisée davantage: le chiffre de 100 milliards, voire 120 milliards, avait été articulé ces derniers mois. Mais depuis, son rival américain Lyft est entré en bourse. Si son action s’était envolée de plus de 20% le 29 avril, lors de son premier jour de cotation, elle s’est depuis effondrée de 25% par rapport à son prix d’émission.