Contrairement à d'autres banques de gestion de fortune, Union Bancaire Privée (UBP) n'a pas choisi la solution du progiciel intégré pour remplacer un système central commençant à prendre de l'âge. «Nous avons préféré une solution flexible nous permettant de sélectionner les meilleurs modules disponibles sur le marché», explique Philippe Biber, responsable des services bancaires. Ces modules effectuent des missions très précises, comme la mesure du risque d'un portefeuille, l'analyse de ce dernier ou le passage d'un ordre de bourse. Au niveau des postes de travail, ils sont intégrés en utilisant des technologies Internet. «Cette approche nous permet de concentrer nos efforts de développement internes sur des modules qui n'existent pas sur le marché, principalement dans la gestion alternative», poursuit Boris Effront, responsable informatique de la banque.

«En analysant des progiciels au début des années 2000, nous sommes arrivés à la conclusion qu'ils ne correspondaient pas à nos besoins», ajoute Boris Effront. Cet écart venait notamment du profil particulier d'UBP, qui est le numéro deux mondial de la gestion de fonds de fonds alternatifs. «Nous avons préféré continuer à vivre avec nos propres processus plutôt que de nous adapter à ceux qu'un progiciel nous imposerait.» La migration n'est pas achevée, mais la banque a terminé mercredi dernier une étape essentielle: le transfert de son système de back-office sur une nouvelle plateforme informatique. Ce système est maintenant prêt à être découpé en parties, qui pourront être remplacées par des modules du marché.

Les applications composées de modules réunis en utilisant des technologies internet sont une tendance de fond dans l'informatique. Ce concept, répondant au nom d'«architecture orientée services» ou à l'acronyme anglo-saxon «SOA», s'oppose à celui des progiciels faits d'une seule pièce. La principale difficulté de l'adaptation du système de back-office à ce nouveau cadre était liée à son âge. «Il fonctionnait bien, mais il avait été introduit dans les années 1980, raconte Boris Effront. C'est le danger avec les logiciels qui marchent bien: vous n'avez aucune raison de les changer et, un jour, vous vous apercevez que vous ne vous souvenez plus précisément comment ils fonctionnent.» En outre, les compétences nécessaires à la modification de ce logiciel ont dû être recherchées à l'étranger, notamment en Slovaquie et en Grande-Bretagne.