Banques

UBP rachète les activités de Coutts

L’établissement genevois a annoncé vendredi matin avoir conclu un accord en vue d’acquérir les activités internationales de gestion de fortune de Royal Bank of Scotland opérées sous le nom de Coutts. Soit 30 milliards de francs d’actifs sous gestion. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué

La nouvelle était dans l’air depuis plusieurs semaines. Elle a finalement été confirmée vendredi matin par l’Union Bancaire Privée (UBP): l’établissement privé genevois met la main, «sous réserve des autorisations réglementaires et autres approbations requises», sur les activités internationales de gestion de fortune de la banque Coutts. Soit plus de 30 milliards de francs d’actifs «gérés depuis la Suisse, Monaco, le Moyen-Orient, Singapour et Hongkong».

Pour Guy de Picciotto, cette acquisition «représente une étape importante dans notre stratégie de croissance. C’est particulièrement vrai pour les marchés à fort potentiel comme l’Asie, où Coutts a su établir des relations de longue date avec une clientèle sophistiquée, souligne le directeur de l’UBP. Nous nous réjouissons d’ores et déjà d’accueillir les nouvelles équipes, dont les compétences viendront parfaitement compléter notre expertise en gestion de fortune.» Dans une interview accordée au Temps , Guy de Picciotto n’a toutefois pas souhaité préciser le montant de la transaction.

Coutts – qui compte parmi les plus importantes banques étrangères de Suisse avec 1300 employés pour 36,6 milliards de francs sous gestion à la fin 2013 – appartenait à la Royal Bank of Scotland (RBS). Cette dernière, sauvée par Londres lors de la crise financière, a toutefois émis le souhait l’été dernier de se séparer de la banque privée zurichoise pour recentrer ses activités en Grande-Bretagne. Elle espérait pouvoir la vendre pour 1 milliard de dollars, avait alors rapporté l’agence de presse Reuters.

Depuis, des rumeurs n’ont cessé de circuler quant au nom du futur repreneur. Il a notamment été question de Julius Baer, de Credit Suisse, d’UBS, de la banque Syz mais également du groupe singapourien DBS. Arrivé plus tard dans la course, celui de l’UBP s’est toutefois fait plus insistant ces dernières semaines jusqu’à l’annonce de l’accord conclu jeudi matin.

L’UBP, qui a annoncé un bénéfice de 165 millions de francs pour 2014 et une masse sous gestion de 98,7 milliards de francs, n’en est pas à son coup d’essai. La banque, dont la masse sous gestion atteignait 80 milliards à la fin 2012, a même fait de la croissance externe sa marque de fabrique ces dernières années. Elle a ainsi racheté les activités de banque privée internationale de Lloyds en 2013 (10 milliards de francs sous gestion), celles de Santander en 2012 (1 milliard) et les activités suisses d’ABN Amro en 2011 (12 milliards de francs).

De son côté, comme elle l’a annoncé à l’occasion de la publication de ses résultats 2014, Coutts est visée par une procédure des autorités allemandes. Berlin suspecte en effet l’établissement zurichois d’avoir aidé des clients à frauder le fisc. Une procédure qui n’inquiète cependant pas outre mesure Guy de Picciotto.

Cette nouvelle transaction illustre la consolidation bancaire qui est en cours actuellement sur la place financière suisse. Et notamment les banques étrangères qui quittent la Suisse à tour de rôle. Rien qu’en 2014, Banque Heritage a repris les activités suisses de la britannique Standard Chartered, Julius Baer celles de l’israélienne Leumi et J. Safra Sarasin celles de l’américaine Morgan Stanley.

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