Matières premières

UBS amendée pour avoir manipulé les marchés des métaux précieux

Avec la banque suisse, Deutsche Bank et HSBC passeront à la caisse pour éviter des poursuites pénales aux Etats-Unis. Les autorités leur reprochent d’avoir mis en place un système dit de «spoofing». UBS paiera une amende de 15 millions de dollars

L’annonce est tombée en deux temps. Dans un premier communiqué, le régulateur américain des matières premières (CFTC) et le Département de la justice (DoJ) annonçaient lundi poursuivre parallèlement huit traders de matières premières, dont un citoyen suisse, ancien salarié d'UBS, résidant dans le New Jersey. Dans la foulée, on apprenait que la banque suisse, Deutsche Bank et HSBC paieraient un total de 46,6 millions de dollars (43,5 millions de francs) pour éviter des poursuites dans le cadre de cette affaire.

Leur tort, selon les autorités américaines? Avoir mis en place un système dit de spoofing, de manipulation des cours de matières premières. Cette méthode, dite «d’usurpation» en français, est illégale depuis 2009. Elle consiste à placer des centaines de faux ordres puis à les retirer rapidement. En donnant l’illusion d’une demande excédentaire, les traders modifient les prix des contrats à terme et le comportement des autres acteurs sur le marché.

Manipulation technologique

«Le spoofing est un exemple particulièrement pernicieux impliquant de mauvais traders cherchant à manipuler le marché en abusant de la technologie», a critiqué James McDonald, un des responsables de la CFTC, cité dans le communiqué de lundi. Chez UBS, la pratique a duré de janvier 2008 à décembre 2013.

Pour le DoJ, le spoofing représente un risque systémique en «faisant du mal à des investisseurs innocents et en mettant à mal l’intégrité de nos marchés financiers», a tonné John P. Cronan, l’un de ses représentants, également cité dans un communiqué.

L’enquête a révélé que la pratique est née chez Deutsche Bank en février 2008. La banque allemande paiera l’amende la plus importante: 30 millions de dollars. UBS paiera 15 millions et HSBC – qui a collaboré avec les enquêteurs, selon la CFTC – 1,6 million. Les trois banques se sont engagées à mettre en place de bonnes pratiques pour ne pas reproduire les faits reprochés.

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