UBS a encore abaissé le seuil pour répercuter les taux négatifs sur les avoirs de certains clients. Ceux disposant de sommes dépassant 250 000 francs ou euros se verront désormais prélever par année des frais de 0,75% pour le franc ou 0,6% pour l’euro. 

Le nouveau système de tarification entre en vigueur au 1er juillet pour les clients de la banque de détail et la gestion de fortune en Suisse, a précisé le groupe zurichois mardi dans un document interne consulté par l'agence AWP. Le seuil individuel appliqué aux avoirs en francs peut toutefois être plus élevé, les hypothèques et les placements étant pris en compte.

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UBS a précisé ne pas avoir l’intention «d’appliquer des intérêts négatifs aux petits épargnants ou aux entreprises de taille modeste». Mais cette nouvelle réglementation «peut évoluer le cas échéant», a souligné l’établissement.

Plus de 95% des clients «ne sont pas concernés»

«Les conditions restent très difficiles sur les marchés monétaires et des capitaux. Les banques ont de plus en plus de mal à compenser les conséquences économiques des taux négatifs», s’est justifiée la banque aux trois clés, soulignant cependant que «plus de 95% des clients comptabilisés en Suisse ne sont pas concernés» par cette décision.

Selon Axel Lehmann, directeur général d’UBS Suisse, «il semble que les intérêts demeureront négatifs durant plusieurs années encore. C’est pourquoi nous avons décidé d’abaisser le seuil des frais sur les avoirs», tout en faisant «preuve de discernement» et en tenant «compte de la relation client dans son ensemble». Jusqu’à présent, UBS ponctionnait des frais pour les taux négatifs pour les avoirs à partir de 500 000 euros ou 2 millions de francs.

D’autres établissements répercutent les coûts des taux négatifs auprès de leurs clients, notamment la Banque cantonale de Zurich et la Banque cantonale bernoise, le gestionnaire de fortune Julius Bär ou encore Postfinance.

La semaine dernière, le cabinet d’audit et de conseil EY a relevé dans une étude que la proportion de banques refusant catégoriquement de mettre les petits épargnants à contribution a fondu comme neige au soleil depuis 2015, année de l’introduction des taux négatifs par la Banque nationale suisse (BNS). Elle est passée à 11% contre 70% il y a six ans.