L’opération devrait permettre au numéro un bancaire helvétique d’augmenter son ratio de fonds propres de catégorie 1 de 10,5% à fin mars à près de 11,9%, a indiqué UBS dans un communiqué diffusé jeudi soir.

Le groupe va placer 293 millions d’actions du capital autorisé existant. Les titres seront placés auprès de quelques gros investisseurs institutionnels au prix de 13 francs chacune, précise la banque. L’action affichait jeudi à la clôture une valeur de 13,97 francs.

Les actionnaires avaient donné leur aval à la création d’un capital conditionnel et d’un capital autorisé lors de l’assemblée générale du 15 avril. Par cette opération, UBS entendait se donner une marge de manoeuvre accrue.

Engagement de la Confédération

L’heure du retrait de la Confédération n’est du reste pas encore venu, confirme UBS. Face à ces mesures visant à renforcer la base de capital, le Département fédéral des finances a accepté de renoncer à vendre ses actions jusqu’au 4 août. C’est à cette date que la banque publiera ses résultats trimestriels.

Depuis le 9 juin, la Confédération peut convertir de manière anticipée en actions le prêt qu’elle a accordé à l’UBS à la fin de l’année passée, dans le cadre du plan de sauvetage concocté avec l’aide de la Banque nationale suisse. L’emprunt doit être obligatoirement converti au plus tard en juin 2011.

Dans le rouge toujours

En dépit de ces garanties, la situation de la banque aux trois clés demeure précaire. L’UBS prévoit d’inscrire à nouveau des chiffres rouges au 2e trimestre, après avoir essuyé une perte de près de 2 milliards de francs durant la période janvier-mars.

«La perte attendue est en grande partie imputable à des charges sur propre crédit et des charges de restructuration déjà annoncées», informe l’établissement.

Le résultat d’exploitation devrait cependant afficher une embellie par rapport au début d’année. Les conditions de marché s’avèrent plus favorables pour la banque d’investissement. Les pertes et les dépréciations sur les positions à risque ont été passablement réduites, ajoute l’UBS.

Hémorragie de capitaux

Fait préoccupant, la banque souffre toujours d’une fuite de capitaux, un phénomène observable depuis de nombreux mois. «L’afflux net d’argent frais a jusqu’à présent été négatif au 2e trimestre», annonce UBS dans son communiqué. Preuve que la confiance est loin d’être rétablie.

Entre janvier et mars, les clients d’UBS avaient retiré pas moins de 14,9 milliards de francs. Au 4e trimestre 2008, ces sorties nettes de capitaux avaient culminé à 85,8 milliards.