Huit ans plus tard, le rapport annuel d’UBS porte encore les traces de la crise des subprimes de 2008. La première banque suisse a augmenté ses provisions pour litiges de 280 millions de dollars (environ 283,4 millions de francs) en 2016. Désormais, les réserves qu’elle conserve pour payer des amendes atteignent 1,5 milliard de dollars.

La constitution de ces nouvelles provisions est justifiée par l’affaire des titres adossés à des créances hypothécaires résidentielles (RMBS) aux Etats-Unis. Elle intervient après l’accord trouvé avec la National Credit Union Association qui a traîné devant la justice les grandes banques impliquées dans la dissémination des produits toxiques qui a conduit à la crise de 2008.

Montant alloué de 2,9 millards de dollars

Ce provisionnement a grevé les résultats annuels 2016 présentés fin janvier. Pour rappel, le bénéfice net de la banque a baissé de 102 millions de francs par rapport à 2015, à 3,204 milliards. L’exercice 2016 a été «une nouvelle année difficile pour l’industrie, marquée par des incertitudes macroéconomiques, des tensions géopolitiques et des dissensions politiques qui ont affecté les clients», résument dans leur lettre aux actionnaires le directeur général Sergio Ermotti et le président Axel Weber.

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Conséquence directe pour les employés: le montant alloué à leur bonus a baissé de 17% à 2,9 milliards de francs. C’est la somme la plus basse depuis 2012. Cette année-là, rappelle l’agence Bloomberg, UBS n’avait distribué que 2,5 milliards de francs, alors qu’elle venait d’annoncer une grande restructuration de sa banque d’investissement et de payer des amendes en lien avec l’affaire de la manipulation du Libor.

La banque suisse n’est pas la seule à baisser ses bonus. Deutsche Bank, embourbée dans des procédures judiciaires, a réduit son enveloppe de 80% par rapport à 2015. C’est inédit dans son histoire. HSBC et Barclays se sont aussi montrées moins généreuses. Credit Suisse, quant à elle, publie son rapport annuel le 24 mars.

Moins pour Sergio Ermotti, plus pour Axel Weber

Le directeur général d’UBS, Sergio Ermotti voit lui aussi son bonus baisser. La part variable de son salaire est passée de 11,5 à 10,9 millions de francs. Et sa rémunération totale atteint 13,7 millions, contre 14,3 millions, un an auparavant. La part fixe est donc quasi inchangée, à 2,8 millions.

Au total, la direction d’UBS, qui a été élargie de 10 à 12 membres, a touché 97,9 millions, contre 93,4 millions en 2015. Ces bonus restent soumis à l’approbation des actionnaires à l’assemblée générale du 10 mai prochain.

Le président Axel Weber a quant à lui reçu 6,06 millions de francs, contre 6,03 millions l’année précédente. Le conseil d’administration dans son ensemble touchera 13,2 millions de francs (+3,5%).