Les analystes s’attendaient à un trimestre «décent», ils en ont eu un «très solide». Mardi matin, UBS a dévoilé un bond de 63%, à 2 milliards de dollars (environ 1,84 milliard de francs), de son bénéfice net. Tous les segments et régions ont contribué à cette hausse du profit, en particulier la gestion de fortune, où les nouveaux actifs nets générant des commissions ont atteint 25 milliards.

C’est un peu moins qu’au premier trimestre (36 milliards), mais, l’activité plus soutenue des clients aidant, le bénéfice avant impôts de cette division a progressé de 47% à 1,3 milliard. C’est exactement la moitié du profit avant impôt global de la banque (en hausse de 64% à 2,6 milliards).

Meilleure rentabilité

Ce dernier chiffre est 21% plus haut que ce que prévoyait le consensus des analystes, note Andreas Venditti de Vontobel, «ce qui s’explique par une importante création de revenus et la dissolution de provisions pour perte de crédit» à hauteur de 80 millions. Il souligne également la forte rentabilité de la banque, dont le rendement sur les fonds propres atteint 19,3%, en hausse. D’autant que les frais, eux, baissent, avec un ratio des coûts sur les revenus qui s’est réduit à 71,8%. Pour ces deux indicateurs, UBS fait mieux que ses objectifs. Le produit d’exploitation a grimpé de 21,2% à près de 9 milliards.

Pour Maria Rivas, vice-présidente senior et spécialiste des grandes banques à l’agence de notation DBRS Morningstar, ces résultats montrent la «solidité de la franchise de gestion de fortune», d’autant plus que sa croissance est constante depuis déjà quatre trimestres. «Cela reflète aussi le succès du redressement des activités en Amérique, de même que les performances solides dans la région Asie-Pacifique et Europe, Moyen-Orient et Afrique», a-t-elle ajouté.

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«Nos clients ont investi davantage avec nous, aussi bien sur les marchés privés que dans le cadre des comptes gérés séparément», a souligné Ralph Hamers, patron d’UBS dans un communiqué. Il a ajouté que «la dynamique nous est favorable, nos choix et initiatives stratégiques portent leurs fruits et nous tenons à en tirer le meilleur pour l’avenir». L’action gagnait 3,6% en milieu d’après-midi. Depuis le début de l’année, elle a grimpé de près de 10%, pendant que celle de Credit Suisse, plombée par plusieurs affaires, perdait 22%.

Des restes d’Archegos

Moins affectée par l’implosion du hedge fund Archegos que Credit Suisse, UBS avait néanmoins enregistré une perte de 434 millions au premier trimestre. Des restes de cette débandade sont encore apparus au cours des trois mois suivants: la banque a dû encaisser une perte supplémentaire de 87 millions. Même si le chiffre est bien en deçà de l’impact qu’a subi sa rivale (5 milliards), Ralph Hamers s’était dit «déçu» de cet épisode où «nous n’aurions pas dû accepter un tel manque de transparence».

La banque n’a pas fourni d’indications supplémentaires sur le programme d’économies annoncé plus tôt cette année, pas plus qu’elle n’a donné de perspectives pour le trimestre en cours. Elle s’est contentée de prévenir que les «facteurs saisonniers» pourraient avoir un impact sur les résultats. D’après Andreas Venditti, qui promet de réviser ses pronostics à la lumière de ces résultats meilleurs qu’attendu, les mois de juillet à septembre sont généralement plus calmes et, donc, génèrent moins de revenus que le reste de l’année.

La même performance ne sera donc peut-être pas renouvelée. En revanche, la banque – qui a racheté pour 1,4 milliard de ses propres actions – prévoit de continuer ce programme, pour lequel elle dépensera encore 600 millions au cours des prochains mois.