Succession

UBS cherche le remplaçant de Sergio Ermotti

Le directeur général, en poste depuis près de huit ans, pourrait rester encore quelques années. Selon Axel Weber, le président de la banque, les discussions sont encore à un stade précoce

En octobre dernier, interrogé sur sa longévité à son poste, Sergio Ermotti était clair: «Tant que j’ai l’énergie et la passion de mon travail, et que les gens pensent que c’est OK, je le ferai.» Le directeur général d’UBS pourrait rester en fonction encore deux ans environ. Voire, comme le disait Axel Weber, l’actuel président de la banque, à propos de lui-même et du Tessinois, «au moins jusqu’en 2022», lorsque le mandat de l’ex-banquier central se terminera.

Sergio Ermotti, qui vient en outre d’acheter pour 13 millions de francs d’actions UBS, n’a donc pas l’air pressé. Pourtant, les indices d’une succession émergent. A Bloomberg, Axel Weber a expliqué se trouver à «un moment où on commence à penser à ce qu’on va faire et à comment on va transmettre la banque à ses successeurs. Nous sommes à un stade très précoce dans les discussions.» Toujours selon l’agence économique, la banque se serait entretenue, dans cette optique, avec Christian Meissner, un banquier d’investissement autrichien de 49 ans, qui a quitté Bank of America l’an dernier dans des circonstances peu claires. Il avait commencé sa carrière chez Goldman Sachs, puis l’avait poursuivie chez Lehman Brothers où il dirigeait la banque d’affaires en Europe, jusqu’à la faillite en 2008. Ni Axel Weber, ni UBS n’ont commenté cette information.

Lire aussi: Les banques suisses veulent reconquérir l’Amérique

Comité de nomination

Le plan de succession pourrait passer en premier lieu par un renforcement du comité exécutif. C’est d’ailleurs une pratique de la banque: faire rentrer le futur responsable potentiel à la direction avant de le nommer directeur général. Ainsi, le nouveau venu ne serait pas directement recruté à l’extérieur. Axel Weber dirige le comité de nomination de l’établissement qui comprend plusieurs membres du conseil d’administration, tels Michel Demaré (l’ex-président de Syngenta), David Sidwell, ancien de Morgan Stanley, et l’avocate zurichoise Isabelle Romy.

A l’interne, Andrea Orcel, à la tête de la banque d’investissement, et Jürg Zeltner, responsable de la gestion de fortune, étaient considérés comme des candidats potentiels pour remplacer Sergio Ermotti, âgé de 58 ans et en poste depuis 2011. Mais tous deux ont quitté la banque, respectivement cet automne et à la fin de 2017. Parmi ceux qui se trouvent toujours au sein du comité, Martin Blessing et Tom Naratil, co-chefs de la gestion d’actifs, et Sabine Keller-Busse, responsable opérationnelle, sont également cités comme possibles successeurs.

Autres candidats externes

Reste qu’UBS «n’est pas sous pression pour trouver une solution de remplacement. Je m’attends à ce que Sergio Ermotti reste à cette fonction encore un à deux ans», estime Tomasz Grzelak, analyste chez Baader Helvea. Pour lui, la banque va encore parler avec d’autres candidats externes potentiels d’ici là. D’autant que Christian Meissner, banquier d’investissement, n’apparaît pas directement comme la personne toute trouvée dans un établissement qui a justement passé les dernières années à réduire sa banque d’affaires.

Publicité