16h00. Les clients européens ont retiré 20 milliards durant les douze derniers mois

Les mesures fiscales mises en œuvre en Europe ont déjà eu un impact sur UBS. «Les clients des pays des voisins ont retiré plus de 20 milliards de francs durant les douze derniers mois», a indiqué mardi Jürg Zeltner, le directeur de l’unité Wealth Management qui regroupe les activités de gestion de fortune de la banque. Un chiffre à mettre en comparaison avec les actifs investis de 320 milliards de francs gérés par la banque en Europe (sans la Suisse) à fin septembre, contre 380 milliards un an plus tôt. Dans ce calcul, les pays «voisins» de la Suisse incluent l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche mais aussi la Grande-Bretagne.

Les modifications de conventions de double imposition entre l’Europe et la Suisse sont susceptibles d’entraîner des retraits supplémentaires. «Nous pensons qu’un montant de 15 à 40 milliards de francs sont à risque en raison des changements de réglementations bancaires», a ajouté le directeur de l’unité de gestion de fortune, confirmant l’estimation communiquée en préambule de la journée des investisseurs qui s’est tenu mardi à Londres.

Si 16 milliards de francs ont été retirés en Europe sur les neuf premiers mois de 2010, l’afflux d’argent frais s’est en revanche accéléré à 7 milliards de francs pour les clients provenant de la zone Asie-Pacifique, comparé à seulement 2 milliards un an plus tôt. UBS considère comme cette région comme le marché le plus prometteur avec une création de richesse estimée à 6500 milliards de francs d’ici 2015.

C’est six fois plus que le montant évalué pour les marchés émergents (1100 milliards) constitués par l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Afrique ainsi que l’Europe de l’Est. Dans ces régions, les sorties de fonds après neuf mois se sont limitées à 3 milliards en 2010, contre 11 milliards à la même période de 2009.

13h30. Pas de «CoCos» dans l’immédiat

UBS envisage d’émettre des «CoCos», ou obligations convertibles contingentes, que lorsque sa base en fonds propres sera plus solide, a précisé mardi John Cryan, le directeur financier de la banque à l’occasion de sa journée des investisseurs. Nouvelle catégorie d’instruments financiers, les «CoCos» sont des emprunts qui doivent être obligatoirement convertis en actions lorsque les fonds propres tombent au-dessous d’un seuil déterminé d’avance. Actuellement, le recours à ces instruments serait trop risqué pour l’établissement, juge le responsable financier, car les CoCos pourraient se transformer très vite en actions. «Il ne faut pas être un génie pour comprendre que les CoCos émis sur les marchés seraient immédiatement convertis en actions. Tant que notre capital ne sera pas renforcé significativement, nous n’allons pas tester le marché des CoCos», a souligné John Cryan mardi à Londres.

12h00. Le versement de dividendes n’est toujours pas à l’ordre du jour

Pour John Cryan, le directeur financier d’UBS, le versement d’un dividende serait «inapproprié» tant que la banque n’a pas reconstitué ses réserves de capital de manière à satisfaire aux nouvelles normes bancaires dites de «Bâle III». «Nous ne prévoyons pas de verser un dividende pour un certain temps», a déclaré mardi le responsable financier lors de la journée des investisseurs qui déroule aujourd’hui à Londres.

11h30. UBS continuera à verser des salaires «compétitifs»

«Il y a un an, nous visions un résultat avant impôts de 15 milliards de francs à moyen terme. Nous n’avons pas de raison de modifier cet objectif», a déclaré mardi Oswald Grübel. Le directeur du numéro un bancaire helvétique estime aussi que l’établissement a effectué des «progrès substantiels» dans sa stratégie. Il juge toutefois que les résultats obtenus jusqu’à présent ne reflètent pas encore tous les progrès réalisés par la banque.

Au sujet des rémunérations accordées au personnel, le directeur d’UBS a reconnu qu’il s’agit d’un sujet sensible. Il estime néanmoins que l’établissement doit payer ses employés «de manière compétitive afin de conserver ses talents clés». La banque doit trouver un «juste équilibre» entre la constitution de ses réserves de capital, le paiement de dividendes et la rémunération de ses employés, a ajouté Oswald Grübel.

Auparavant, en préambule de la conférence, UBS a aussi annoncé que les modifications potentielles à venir dans les conventions de double imposition entre la Suisse et divers pays européens pourraient affecter les actifs investis de l’UBS pour un montant compris entre 15 et 40 milliards de francs.

Mardi matin, UBS a aussi confirmé ses objectifs à moyen terme, soit à 3-5 ans, présentés lors de l’édition précédente, il y a un an. L’an dernier à la même période, le groupe s’était fixé pour objectif de dégager un résultat avant impôts de l’ordre de 15 milliards de francs dans un horizon de 3 à 5 ans.

Action en recul Des objectifs jugés ambitieux par les analystes. Ceux-ci anticipent en moyenne un résultat avant impôts estimé à 10,8 milliards de francs pour l’année 2012, indique le consensus des analystes sondés par l’agence Bloomberg. En se basant sur les chiffres des neuf premiers mois de 2010, UBS devrait réaliser un bénéfice annualisé 8,3 milliards cette année.

Malgré la confirmation de ces objectifs, les marchés ont réagi avec un certain scepticisme: peu après 16h30, l’action UBS cédait 2,2% à 16.56 francs dans un marché (SMI) en repli de 1,1%.