Le scandale du Libor continue de faire des remous. Jeudi soir, Morgan Stanley a publié une étude sur les coûts que pourraient subir les banques impliquées dans la manipulation d’un taux auquel sont adossés 350 000 milliards de dollars de produits financiers. La banque américaine, qui a l’avantage de ne pas être liée au scandale, estime que 11 des 12 établissements concernés pourraient payer jusqu’à 14 milliards de dollars (13,8 milliards de francs) d’amende.

Pour l’heure, seule Barclays s’est acquitté d’une ardoise de 456 millions de dollars pour mettre fin aux enquêtes des autorités américaines et britanniques. Mais, rappelle Morgan Stanley, la banque britannique a bénéficié d’un rabais – estimé à 30% – pour avoir coopéré avec les gendarmes financiers. Sans quoi, d’après les calculs de Morgan Stanley, la facture se serait probablement élevée à 650 millions de dollars. Comme pour les autres banques qui restent dans le viseur des autorités.

Avantage aux premiers

UBS devrait également profiter d’une ristourne puisqu’elle fut la première à confesser, en juillet 2011, sa participation à la manipulation du taux interbancaire. Toutefois, souligne Morgan Stanley, en se dénonçant, la banque suisse a conclu un accord avec la division «antitrust» du Département américain de la justice (DoJ) en échange d’une immunité. Or c’est un autre service du DoJ, celui des fraudes, qui a condamné Barclays à payer 160 millions de dollars. Morgan Stanley pense donc qu’UBS pourrait se voir infliger une amende de quelque 255 millions de dollars de la part des autorités financières.

Montant auquel il faut encore ajouter les contentieux légaux dont les banques devront s’acquitter. Des sommes qui, selon Morgan Stanley, dépendront de la taille du portefeuille de produits dérivés des banques incriminées. Pour Credit Suisse, la facture pourrait ainsi s’élever à 742 millions de dollars contre 585 millions pour UBS.

Au total, Credit Suisse pourrait donc payer, selon Morgan Stanley, près de 1,4 milliard de dollars (650 millions + 742 millions) alors qu’UBS pourrait débourser 835 millions (250 + 585).