Jeudi a été une séance de répit sur les marchés en Europe. Les principaux indices boursiers du Vieux Continent ont clôturé la journée en hausse, portés par le rebond des valeurs bancaires. En France, les titres de Société Générale ou de Crédit Agricole ont regagné 4,5%. Le titre d’UniCredit s’est apprécié de plus de 6% en Italie.

Même en Espagne, Banco Santander a rebondi de 6% hier. Les marchés ont été rassurés par les mesures déjà annoncées par le gouvernement espagnol. Il doit approuver aujourd’hui une réforme, qui prévoit notamment de séparer la partie immobilière des bilans des banques. Mercredi soir, il a aussi annoncé la nationalisation partielle de Bankia, la quatrième banque du pays. Son titre a chuté de près de 45% depuis début janvier, affichant la plus mauvaise performance de l’indice Bloomberg qui regroupe les principales banques européennes.

En comparaison, les deux grandes banques helvétiques ont bien résisté à la crise jusqu’ici. L’action UBS est inchangée depuis le début de l’année. En revanche, le titre de Credit Suisse affiche, lui, un recul de 8% depuis janvier. Mercredi, le titre avait même touché son plus bas niveau depuis octobre 2002. Pourtant, l’aggravation de la crise de la dette en Europe n’a joué qu’un rôle marginal dans le cas de Credit Suisse. Fin mars, l’exposition nette de la banque à la dette souveraine des cinq pays les plus fortement touchés par la crise se limitait à 1,1 milliard de francs en Italie. Ses placements dans des institutions financières totalisaient 2 milliards de francs, dont 0,9 milliard en Italie, 0,6 milliard en Espagne et un demi-milliard en Irlande.

Chez UBS, les engagements nets dans la dette souveraine et les banques des pays à risque atteignait 4,3 milliards de francs pour l’Italie et 3,9 milliards en Espagne, sans que cela n’ait affecté le titre.

Effet de dilution

La récente correction de l’action Credit Suisse est dès lors due à des facteurs spécifiques à la banque. L’octroi d’un dividende spécial aux actionnaires a entraîné un effet de dilution pour le titre. S’y ajoute l’octroi de programmes d’actions aux cadres de l’établissement. En tout, l’effet de dilution sur le capital de Credit Suisse a été estimé à 8% par la banque Vontobel. Plus généralement, les marchés semblent douter de la capacité de Credit Suisse à améliorer durablement la rentabilité de sa banque d’affaires. Dans une étude récente, la Banque cantonale de Zurich (BCZ) a évalué la part du bénéfice avant impôts qui sera générée par les activités de banque d’investissement à 40% chez Credit Suisse, contre 25% chez UBS. «Cela se répercute sur la volatilité des revenus et des bénéfices ainsi que sur l’évaluation de l’action», redoute la BCZ. De plus, «UBS est désormais plus avancée que Credit Suisse dans son processus de réduction de ses surcapacités», juge-t-elle. La chute du titre de Credit Suisse s’explique aussi par le rééquilibrage des portefeuilles au profit du numéro un bancaire helvétique. Jeudi, l’action UBS a rebondi de 3,4%, celle de Credit Suisse de 2,9%.