UBS et Credit Suisse veulent aider l’Europe

Lobby Réunies au sein du Swiss Finance Council à Bruxelles, les deux banques exigent un libre accès au marché européen

Une étude démontre l’importance des pays tiers pour le bien-être de l’Europe

«Ouvrez-nous vos marchés des services financiers et des capitaux; nous pourrions vous aider à renouer avec la croissance et créer des emplois.» C’est le message transmis mardi par Axel Weber, président du conseil d’administration d’UBS, lors de la présentation d’une étude intitulée «The EU & its Partners: Defending Open Markets in Challenging Times» par le Swiss Finance Council (SFC) mardi à Bruxelles.

C’était le premier événement de cette association créée il y a une année par les deux grandes banques suisses, UBS et Credit Suisse, pour défendre leurs intérêts auprès des instances européennes. «Deux tiers de la finance globale se trouvent hors de l’UE et ce n’est pas en fermant son marché que celle-ci peut mobiliser les fonds nécessaires pour financer la reprise», a ajouté sans prétention Axel Weber. Selon lui, l’ouverture du marché européen des capitaux serait avant tout dans l’intérêt des petites et moyennes entreprises européennes, qui n’ont pas un accès facile aux capitaux.

L’étude du SFC met en lumière le fait que les pays tiers à l’UE jouent un rôle fondamental dans son épanouissement. Alors que la demande intérieure européenne était comprimée ces dernières années, crise oblige, ce sont les marchés hors UE qui ont absorbé 46% de ses marchandises et 45% de ses services produits. Les Etats-Unis occupent bien sûr la première place. La Suisse vient juste derrière, devant la Chine. «L’Italie importe pour 170 milliards d’euros des autres Etats européens, mais c’est seulement 30 milliards de plus que la Suisse», a fait ressortir Urs Rohner, président de Credit Suisse.

La Suisse est aussi la seconde pourvoyeuse d’investissements directs étrangers en Europe, soit un total de 567 milliards d’euros jusqu’en 2013, ce qui représente 43% de ses investissements dans le monde. Les entreprises suisses donnent du travail à 1,1 million d’Européens. Dans l’autre sens, les entreprises européennes ont investi 674 milliards d’euros en Suisse, créant 229 000 places de travail. Une nuance toutefois: parmi celles-ci, une partie sont en réalité des sociétés américaines domiciliées en Europe.

L’interdépendance entre la Suisse et l’UE peut aller encore plus loin, estiment les deux grandes banques suisses. Elles voudraient par exemple participer pleinement à l’Union des marchés des capitaux, qui vise à enlever les obstacles à la circulation des capitaux au sein de l’Union. Ce projet devrait se concrétiser en 2019. Il est pour l’heure fermé à la Suisse. Autre obstacle qui freine les activités des établissements suisses en Europe: l’équivalence des règles et la reprise de l’acquis communautaire. Selon Axel Weber, les pays tiers comme la Suisse ne devraient pas être contraints de reprendre les règles communautaires «à la ligne».

Axel Weber a reconnu que les revendications d’UBS et de Credit Suisse en matière de libre circulation des capitaux entre la Suisse et l’UE contredisent la politique du Conseil fédéral, qui a décidé de renégocier l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes. L’UE ne veut pas entrer en matière et a gelé toute négociation sur l’accès au marché des services financiers aux banques suisses.

«Deux tiers de la finance globale se trouvent hors de l’UE», indique Axel Weber