Malgré un bénéfice net en recul de 16% par rapport au trimestre précédent, à 1,67 milliard de francs, UBS a encore impressionné le marché par sa capacité à drainer de nouveaux fonds de la part de la clientèle. Cet afflux d'argent frais s'est même élevé à 20,5 milliards de francs en trois mois, dont 11,4 milliards provenant de la gestion de fortune pour particuliers fortunés (16,7 milliards compte tenu de l'unité américaine). Un métier où UBS fait figure de leader mondial avec une fortune sous gestion de 1426 milliards de francs (2261 milliards toutes activités confondues). Cet afflux provient essentiellement des clients asiatiques et américains, mais aussi, à hauteur de 3,2 milliards de francs, de la clientèle européenne.

Analystes surpris

Depuis le début de l'année, le géant bancaire a ainsi attiré 72,5 milliards de francs supplémentaires de fonds sous gestion, ce qui correspond à la masse gérée par une banque privée de taille moyenne (54 milliards par exemple pour la banque Sarasin). «C'est d'autant plus réjouissant que l'acquisition de ces nouveaux fonds ne s'est pas faite au détriment des marges», commente Christoph Ritschard, de la Banque cantonale de Zurich (BCZ). En fait, la marge brute dégagée par les actifs gérés a légèrement fléchi de 3 points de base d'un trimestre à l'autre. Celle-ci demeure donc inférieure dans ce métier à celle de CS Group, qui présente ses résultats trimestriels jeudi. Mais ce dernier utilise une base de calcul différente, qui prend notamment en compte des revenus que UBS comptabilise dans le Corporate Center.

Avec un bénéfice avant impôts de 885 millions de francs, en baisse de 3% sur le trimestre précédent, la gestion de fortune a même dépassé les attentes de nombre d'analystes. Ce métier a ainsi généré 39% du bénéfice avant impôts du groupe UBS au troisième trimestre (un tiers sur les neufs premiers mois). Induit par le tassement saisonnier des activités de la clientèle durant la pause estivale, le recul des revenus liés aux transactions a donc été compensé par le résultat des opérations d'intérêts ainsi que par la progression des commissions de gestion de portefeuille, lesquelles ont atteint un niveau record selon la banque.

Si UBS n'a cette fois-ci pas dépassé les attentes du marché, c'est que la performance de la banque d'investissement (financement d'entreprises, fusions et acquisitions, courtage de titres, etc.) est ressortie inférieure aux prévisions (lire ci-dessous). La banque grand public en Suisse «démontre quant à elle une fois de plus sa capacité à générer des résultats récurrents malgré un environnement difficile», souligne Michel Wiederkehr, de la banque Bordier & Cie. L'unité a enregistré un bénéfice trimestriel avant impôts de 517 millions de francs (+2% par rapport au trimestre précédent), favorisé il est vrai par la vente de la participation de UBS dans Noga Hilton à Genève. Elle a étoffé son portefeuille de crédits (+0,7%) à 139,7 milliards en trois mois grâce aux nouvelles hypothèques (1 milliard de francs).

«L'un des meilleurs exercices»

Lors d'une conférence téléphonique, Clive Candish, responsable des finances du groupe UBS, a d'ores et déjà présenté 2004 comme «l'un des meilleurs exercices de UBS, malgré l'incertitude qui continue de peser sur les marchés financiers et qui pourrait freiner encore le niveau des investissements». En neuf mois, UBS a déjà engrangé 95% du bénéfice de l'ensemble de l'exercice 2003. L'action a ainsi gagné 3% à 90,1 francs mardi en Bourse suisse.