UBS publie ses résultats du ­premier trimestre le 5 mai. Mais le groupe devrait déjà annoncer des chiffres demain, lors de son assemblée générale à Zurich. Une assemblée qui doit marquer ­définitivement la fin de l’ère ­Ospel, avec l’arrivée de Kaspar ­Villiger à la présidence d’un conseil d’administration entièrement remanié.

Perte d’environ 100 millions

Jeremy Sigee, analyste de Citigroup, prévoit que la banque d’affaires d’UBS amortira encore 1,5 milliard de francs sur des actifs toxiques. Cela devrait aboutir à une perte trimestrielle de 1,2 milliard pour la division, et se conclure par un léger déficit pour le groupe, de 109 millions, estime Citigroup. Sur l’année 2009, la banque d’affaires d’UBS devrait creuser sa perte à 1,7 milliard, mais le groupe devrait parvenir à dégager un bénéfice de 1,6 milliard, selon le courtier new-yorkais. Cela dénoterait un net redressement par rapport à 2007 et 2008, au cours desquels UBS a perdu 17 milliards, puis 33 milliards de francs dans sa division sinistrée. Au total, le groupe avait enregistré 25 milliards de francs de pertes cumulées sur ces deux exercices.

Conscient de la fragilité financière d’UBS encore aujourd’hui et déterminé à nettoyer le bilan, le CEO, Oswald Grübel, demandera demain aux actionnaires d’approuver la création d’un capital autorisé, qui lui permettra, le cas échéant, de lever rapidement 3 milliards de francs d’ici à avril 2011.

Contrairement à sa rivale américaine Goldman Sachs, UBS ne prévoit pas de rembourser dans un délai prévisible les 6 milliards de francs empruntés mi-octobre 2008 à la Confédération: «Nous voulons bien sûr rembourser notre dette, mais pour l’heure aucune échéance n’a été fixée, répond Serge Steiner, porte-parole du groupe. La priorité est le retour à la profitabilité.» La banque n’a pas caché, dans son rapport annuel du 11 mars, que les conditions s’étaient détériorées sur les marchés durant le trimestre, se disant «extrêmement prudente».

Le premier trimestre ne sonnera pas non plus l’heure du retour des clients vers la grande banque. Citigroup prévoit des retraits d’avoirs privés à hauteur de 8,7 milliards, en raison des effets du litige fiscal américain, et des pressions européennes qui ont suivi. En additionnant les retraits de clients privés et institutionnels, la masse gérée d’UBS a reculé de 24 milliards de francs sur trois mois, estime Citigroup.

Un tiers des effectifs sabré?

Mais c’est la banque d’affaires qui exigera le plus de travail d’Oswald Grübel. Restructuration drastique et réduction du levier (mesuré par le rapport des actifs aux fonds propres) restent à l’ordre du jour. Les 8000 suppressions de postes qui, spéculent les médias alémaniques, pourraient venir s’ajouter aux 11 000 déjà annoncées ne constitueraient pas une surprise: Oswald Grübel a récemment déclaré qu’il n’excluait pas d’arriver à un effectif de 50 000 collaborateurs d’ici à deux ans, contre 81 557 fin 2007, et 76 500 projetés d’ici à fin 2009.