Dominik Studer, l'économiste d'UBS qui avait correctement anticipé le résultat semestriel de la BNS et la baisse de ses fonds propres, annonce vendredi que la Banque nationale retrouvera la zone bénéficiaire au troisième trimestre. «En raison de l'évolution positive des marchés financiers, le bénéfice net devrait atteindre 15 à 20 milliards de francs au troisième trimestre», écrit-il dans une étude. La BNS publiera le montant exact à la fin du mois. Au premier semestre, elle avait présenté une perte de 50 milliards de francs.

Alors que l'économiste était d'avis, en juillet, que la BNS devait d'abord restaurer sa part de fonds propres avant de verser un dividende aux cantons, il revoit aujourd'hui son opinion. «Si les marchés évoluent au quatrième trimestre comme le prévoit UBS, alors la BNS pourrait verser un milliard de francs de dividendes aux cantons», explique-t-il dans l'étude.

C'est la baisse du franc contre l'euro qui a modifié le jugement de la banque. Il est vrai que plus de 230 milliards de francs sont en euros. Au troisième trimestre, la principale contribution positive proviendra de la hausse des devises face au franc (environ 20 milliards) et de la hausse des obligations (3 milliards), alors que la baisse des actions pénalise le résultat à hauteur de 7 milliards de francs.

Pour que la BNS distribue de l'argent, il est nécessaire que sa réserve de distribution soit positive. Pour l'instant, elle reste négative, mais si les actions repartent à la hausse et si le franc baisse encore, on comprend pourquoi Dominik Studer prévoit un versement de 1 milliard de francs.

Les fonds propres de la BNS profitent du bénéfice enregistré au troisième trimestre. Ils devraient à nouveau dépasser 50 milliards de francs, selon UBS. La part de fonds propres atteint donc 9% à fin septembre et non plus 6% comme à la fin juin. On reste toutefois très éloigné des 30% de 2008/2009.