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UBS incitée à suivre ses propres conseils

Le «Financial Times» a publié des témoignages de femmes cadres en Suisse ayant vu leur bonus diminuer des années après leur congé maternité. La banque, qui promeut l’égalité depuis plusieurs années, dit prendre des mesures

Dévoilés lundi, les témoignages de femmes cadres d’UBS auraient difficilement pu plus mal tomber. Selon le Financial Times, une douzaine d’entre elles, actives dans la gestion de fortune depuis la Suisse, ont non seulement vu leur bonus diminuer l’année où elles ont eu un congé maternité, mais il est resté plus faible les années qui ont suivi. Il s’agirait de baisses de 30% ou davantage.

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Certaines femmes contestant cette situation devant leur responsable se sont vu rétorquer, dans un cas, qu’elle avait fait «un choix de vie» et, dans un autre, qu’elle devrait «se concentrer sur son bébé». Des commentaires qui «sont archaïques et n’ont pas leur place dans la culture d’entreprise d’UBS», selon le responsable de la communication à Londres, Richard Morton.

Corriger les différences

Des plaintes répercutées quelques jours après le 8 mars, journée des droits de la femme, dont UBS s’est saisie pour promouvoir l’égalité, qu’elle juge indispensable au secteur financier. La banque a d’ailleurs mis en place en 2015 une politique visant à atteindre 30% de cadres femmes. Sa politique de congé maternité est en outre plus favorable que ce qu’exige la loi suisse: jusqu’à six mois avec un septième non payé pour les femmes, deux semaines auxquelles peut s’ajouter un mois non rémunéré pour les hommes. Le FT souligne par ailleurs que les employés qui s’absentent pour le service militaire ne voient pas leur bonus se réduire.

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La banque ne nie ni ne confirme ces cas. Elle précise néanmoins qu’«il est extrêmement important que des collaboratrices ou collaborateurs, dans des rôles comparables, avec une expérience et des performances comparables, touchent une rémunération équivalente et équitable». Elle ajoute que «la thématique du congé maternité est appréhendée de façon proactive et systématique. Il s’agit en particulier de déterminer si des cas de différences existent et, cas échéant, de corriger ces différences. Ces processus ont encore été renforcés l’an passé.»

La Suisse mauvais exemple

Le dégât d’image, pourtant, est fait. Mardi, Bloomberg se fendait d’un commentaire ironiquement intitulé: «Vous voulez gagner moins chez UBS? Faites un bébé.» L’agence économique souligne néanmoins que l’enjeu de l’égalité ne concerne pas qu’UBS, mais toute la finance. Le FT publiait un éditorial incitant la banque à appliquer ses conseils à elle-même et rappelait que la Suisse est l’un des pays d’Europe les moins généreux en ce qui concerne les congés parentaux. Or, conclut le média, ce n’est pas parce que le pays s’est trouvé en retard sur les droits des femmes, dont celui de vote, qu’UBS doit s’en inspirer.

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