Le numéro un bancaire helvétique UBS lance un nouveau programme de rachat d’actions, pouvant aller jusqu’à un total de 6 milliards de dollars sur deux ans. Le programme s’ouvre alors que la banque aux trois clés vient de terminer le précédent, a-t-elle indiqué mercredi.

Dans le cadre du programme de rachat d’actions lancé le 8 février 2021, 240 335 273 titres ont été rachetés via une ligne de négoce dédiée sur SIX, ce qui représente 6,49% du capital-actions actuels, rappelle la banque. En francs, cela correspond à un volume de 3,8 milliards, dont 1,5 milliard depuis le début de l’année 2022.

UBS enchaîne avec un nouveau programme à compter du 31 mars, portant sur un total de 6 milliards de dollars sur deux ans, soit jusqu’au 29 mars 2024. D’ici la fin de l’année, les volumes rachetés à travers ces deux programmes devraient atteindre 5 milliards de dollars.

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Au 28 mars 2022, UBS détenait directement et indirectement, en position propre, 351 216 324 actions nominatives. Cela correspond à 9,49% des droits de vote et du capital-actions inscrit au registre de commerce.

Credit Suisse avait annoncé en décembre dernier avoir achevé son programme de rachat d’actions 2021, qui a porté sur plus de 25 millions de titres pour un montant total de 305 millions de francs, à un prix d’achat moyen de 12,165 francs.

Liquidités amassées pendant la pandémie

De nombreux programmes de rachat d’actions sont lancés par des banques européennes. Le groupe italien UniCredit prévoit ainsi de rendre au moins 16 milliards d’euros à ses actionnaires d’ici 2024, tandis que son concurrent Intesa Sanpaolo vise 22 milliards d’euros d’ici 2025. Après avoir achevé programme de rachat à 900 millions d’euros en décembre 2021, BNP Paribas veut relever la proportion de ses bénéfices qui sont rendus à ses actionnaires jusqu’en 2025. La banque française pourrait distribuer 4,5 milliards d’euros au titre de 2021 si sa proposition est acceptée lors de l’assemblée générale du 17 mai.

Cette générosité s’explique par la levée de restrictions, qui avaient limité les versements de dividendes et les rachats d’actions pendant la pandémie, dans l’Union européenne comme en Suisse. De nombreux établissements avaient suspendu ces distributions pendant la pandémie, de manière à renforcer leur bilan, avant d’augmenter leurs réserves en empruntant à des taux d’intérêt historiquement bas. Ces liquidités sont dorénavant utilisées pour soutenir le cours de leurs actions.

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Aux Etats-Unis, les sociétés cotées au sein de l’indice S&P500 ont racheté des actions pour au moins 265 milliards de dollars durant le quatrième trimestre, tous secteurs confondus, selon Bloomberg. Ce chiffre efface le record atteint le trimestre précédent, à près de 235 milliards de dollars.