éditorial

UBS n’a pas compris la France

ÉDITORIAL. Condamnée à plus de 4 milliards d’amende en France mercredi, la banque s’était préparée à un procès fondé sur des témoignages. Les juges français se sont en réalité appuyés sur des principes

Plus de 4 milliards de francs d’amende, de la prison (avec sursis) pour la quasi-totalité des collaborateurs impliqués: UBS a été lourdement condamnée ce mercredi à Paris. Il y a pratiquement dix ans jour pour jour, le 18 février 2009, la banque était condamnée par un tribunal américain à payer 780 millions de dollars pour des faits similaires à ceux jugés en France, à savoir avoir facilité l’évasion fiscale de riches clients étrangers. UBS s’attendait à un remake du film américain, les Français lui ont plutôt servi un film d’auteur.

Dans les deux affaires, on retrouve pourtant des éléments dignes de films d’espionnage, avec des milliards dissimulés en Suisse. Et des banquiers qui voyageaient incognito pour rencontrer des clients potentiels, armés d’ordinateurs dont on pouvait effacer le contenu d’un simple clic. Mais les deux dossiers diffèrent fondamentalement dans l’approche des justices américaine et française.