Malgré une fin de parcours meilleure qu’attendu en 2016, UBS n’a pas convaincu la communauté financière vendredi. La baisse de forme observée dans les activités de gestion de fortune durant les trois derniers mois de l’exercice, marqué par des sorties nettes d’argent et des marges en baisse, a pesé davantage dans la balance que les chiffres au quatrième trimestre.

Entre octobre et décembre, le numéro un bancaire helvétique a dégagé un gain net de 738 millions, certes inférieur aux 949 millions réalisé à la même période un an plus tôt, mais supérieur aux 300 millions de francs escomptés en moyenne par les analystes sondés par l’agence AWP.

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Sur l’ensemble de l’année 2016, le bénéfice net a atteint 3,3 milliards de francs, contre 6,2 millions un an plus tôt.

Sorties d’argent au quatrième trimestre

Dans leurs commentaires, les analystes se sont surtout inquiétés de la baisse de forme observée dans les activités de gestion de fortune. Côté rentabilité, l’unité de gestion de fortune proprement dite («Wealth Management») a dégagé un résultat avant impôts de 1,95 milliard sur l’ensemble de 2016, comparé à 2,7 milliards un an plus tôt.

Sur l’ensemble de l’année, l’unité a vu affluer près de 27 milliards de francs d’argent frais, en dépit de sorties de fonds transfrontalières de 14 milliards. Sur le seul dernier trimestre, l’unité a toutefois subi des sorties nettes d’argent frais de 4,1 milliards, principalement dues à des retraits de fonds dans les régions de l’Asie-Pacifique et des pays émergents.

Par ailleurs, la marge brute a continué de se détériorer dans la division pour s’établir à 73 points de base, son plus faible niveau depuis deux ans. Dans une note, la banque Bordier & Cie a souligné que cette marge a été sensiblement inférieure aux 76 points escomptés.

Amélioration aux Etats-Unis

La situation s’est présentée sous un meilleur jour outre-Atlantique. Le bénéfice avant impôts des activités de gestion de fortune aux Etats-Unis («Wealth Management Americas») s’est établi 1,1 milliard de francs, contre 718 millions un an plus tôt. En revanche, l’unité a aussi subi des retraits d’argent en fin d’année avec des sorties nettes d’argent de 1,3 milliard de dollars entre octobre et décembre. Sur l’ensemble de 2016, elle a néanmoins cumulé des entrées nettes de capitaux de 15,4 milliards de dollars.

Devant les médias vendredi à Zurich, Sergio Ermotti a relativisé les sorties d’argent observées en fin d’année. En considérant les deux divisions de gestion de fortune, les afflux d’argent frais cumulés ont atteint 42 milliards de francs, en dépit de sorties de fonds transfrontalières de 14 milliards, notamment dues à des programmes de régularisation des clients, a-t-il rappelé. En excluant ces dernières, les entrées d’argent frais auraient totalisé 56 milliards, «un résultat solide», a estimé le directeur. «Pour les prochains exercices, les afflux d’argent frais peuvent à nouveau dépasser les 50 milliards chez UBS», a mis en perspective Sergio Ermotti.

Un accord en France? A certaines conditions

Restent les incertitudes sur le plan réglementaire et les risques liés aux litiges juridiques. A cet égard, Sergio Ermotti a souligné que la conclusion d’un accord pour mettre fin au litige fiscal avec la France ne serait envisageable qu’à deux conditions: d’une part, si la réputation de la banque peut être préservée, «ce qui exige que les faits soient correctement établis», a-t-il noté. D’autre part, si les montants exigés correspondent aux standards internationaux dans la branche.

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Des résultats «décents»

Aux yeux des analystes de Morgan Stanley, UBS a présenté un «set de résultats décents», avec des chiffres meilleurs que prévu dans les activités de banque d’affaires et celle de gestion de fortune aux Etats-Unis. Même si les afflux nets d’argent frais ont déçu en raison des sorties d’argent dans les marchés émergents et la région Asie-Pacifique, la banque américaine maintient sa recommandation à «surpondérer» pour l’action UBS assortie d’un objectif de cours de 20 francs. Bordier & Cie s’est montré aussi relativement optimiste: «Une fois n’est pas coutume à l’UBS, les perspectives sont rassurantes pour 2017 et la banque est bien positionnée pour bénéficier d’une reprise des transactions et une hausse des taux d’intérêt», a jugé la banque genevoise.

Vendredi, l’action du numéro un bancaire helvétique a clôturé en recul de 4,5% à 16,25 francs, soit la plus mauvaise performance de l’indice SMI.