Il n’est dès lors pas exclu que des corrections interviennent dans les régions affichant les niveaux de prix les plus élevés, comme dans l’agglomération zurichoise, l’Arc lémanique ou certaines stations touristiques huppées. Un phénomène qui pourrait avoir des conséquences sur plusieurs années, a relevé mercredi à Zurich Daniel Kalt, économiste en chef de l’UBS pour la Suisse.

Cependant, il serait imprudent de considérer ces régions onéreuses à part, comme foyers à risques pour le marché immobilier, nuancent les experts d’UBS. Le passé a souvent démontré que les mouvements de correction de prix peuvent déclencher des effets dominos imprévisibles et suprarégionaux.

La relance sur le marché immobilier suisse a débuté en 1998. Depuis, les prix des appartements en propriété ont bondi de 56%, tandis que ceux des maisons individuelles ont crû de 37%. Toutefois, à la faveur de l’augmentation du revenu disponible durant cette même période, l’accessibilité à ce dernier type d’objets est restée à peu près constante.

Disparités régionales

Il convient néanmoins de prendre en compte les évolutions régionales, celles-ci n’étant pas identiques. Ainsi, en prenant la croissance moyenne des prix des appartements en propriété dans la région de Berne de ces dix dernières années, ceux-ci auraient doublé en l’espace de 24 ans. Pour la région autour du lac Léman, les prix de l’immobilier auraient été multipliés par six sur la même période.

Cette année, ce mouvement de hausse des prix de l’immobilier devrait néanmoins quelque peu s’affaiblir. La situation apparaît détendue sur le reste du marché immobilier suisse. Des revenus, des taux d’intérêt bas et une demande solide empêchent la formation d’une bulle immobilière, a rappelé M. Kalt.

La poursuite de l’immigration, tout comme la croissance économique, contribuent à la modération du marché. Par ailleurs, le secteur de l’immobilier commercial a bien surmonté la récession.

Placements immobiliers indirects en forme

L’an passé, les actions immobilières suisses ont bénéficié de conditions favorables, grâce notamment à la reprise économique rapide, à une demande forte et à des taux à la baisse. De plus, les entreprises ont poursuivi leurs investissements pour revaloriser leurs immeubles.

Dans ce contexte, certains titres se sont non seulement remis des corrections subies entre fin 2008 et début 2009, mais ont même atteint de nouveaux records historiques. Mais 2011 sera nettement plus difficile.