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UBS parle à des femmes sans travail

L’association romande Pacte soutient les femmes en recherche d’emploi. UBS est membre et apporte ses conseils. Témoignages

UBS parle aux femmes sans travail

Réseau L’association romande Pacte soutient des chercheuses d’emploi

UBS est membre et apporte ses conseils. Témoignages

Certes, Nathalie Fontanet – députée PLR à Genève et ancienne conseillère municipale – n’est pas n’importe quelle citoyenne. Mais son expérience – évoquée jeudi 26 juin dans un café des Pâquis sous l’égide de l’association Pacte – est pourtant de nature à donner des idées, sinon du courage. Elle s’adressait à une dizaine de femmes sans emploi, présentes pour rencontrer des cadres d’UBS.

Mariée à 20 ans, mère de trois enfants, divorcée à 34 ans, Nathalie Fontanet a dû réinventer sa vie. «J’avais le choix entre trouver un nouveau mari ou démarrer quelque chose», résume-t-elle. La Genevoise décide de rejoindre l’université. Elle fait une licence en droit et décroche son brevet d’avocat dans la foulée en s’appuyant sur sa pension alimentaire. «A 40 ans, je suis devenue une vieille jeune avocate», rit-elle.

Nathalie Fontanet est ensuite recrutée par le service juridique d’UBS, malgré le fait qu’elle «coûtait plus» (en charges sociales, s’entend). Elle est aujourd’hui directrice adjointe du service juridique de la banque à Genève. Or au départ – et c’est l’intérêt de ce récit devant ces femmes âgées de 25 à 55 ans – personne n’aurait parié sur sa réussite. «On me conseillait d’aller travailler dans une boutique et on me disait que je serais trop vieille avec mon diplôme», raconte la députée.

Autre récit, celui de Marie-José, recrutée à 58 ans par UBS, qui défend aussi l’idée que dans le travail, «tout est possible». «Il y a dans ces rencontres un aspect de rôle modèle», juge Françoise Piron, directrice de Pacte, pour qui la vie des femmes se présente trop souvent comme un gymkhana. «On est jugée soit trop jeune, soit trop vieille, ou avec des enfants, ou même sans enfants. Il faut casser les croyances», dit-elle.

Du côté d’UBS, membre fondateur d’une plateforme emploi lancée par Pacte, on se réjouit de cette rencontre. Elle permet de «démythifier la banque et de montrer l’aspect humain et la diversité des métiers», indique Sylvie Croset-Métraux, directrice adjointe au service des ressources humaines. Et de confesser devant l’auditoire avoir été «dissuadée dans sa jeunesse de suivre une carrière dans la diplomatie», du fait de son sexe. Spécialiste du recrutement, la jeune Vanessa Rufer pense que les récits de ses collègues cadres sont susceptibles de «redonner espoir» aux femmes présentes à ces réunions. Cette nouvelle recrue d’UBS, dont c’est le premier travail en contrat à durée indéterminée, n’ignore pas la difficulté à trouver un premier emploi: «On peut être jugée soit trop qualifiée, soit manquant d’expérience. La sortie des études est un moment charnière et les jeunes diplômés mettent parfois beaucoup de temps à décrocher un job.»

Dotée d’un master en psychologie du travail, elle relève que les stages en entreprise et les boulots en intérim comptent beaucoup. Travailler dans une banque? «Les compétences relationnelles et la capacité à communiquer sont très importantes, souligne-t-elle, car personne n’œuvre seul dans son coin. Quant au travail temporaire, ce n’est pas quelque chose qui est vu négativement.» Pour Sylvie Croset-Métraux, c’est même un «signe fort d’adaptation.»

Parmi les femmes en recherche d’emploi présentes aux 5 Portes ce jeudi-là: Martine, 26 ans, d’origine belge. Cette habituée des cafés emploi organisés par Pacte en Suisse romande aborde Nathalie Fontanet. La rencontre est positive. Cette dernière lui indique que son service a notamment besoin de gens qui font du droit comparé, par exemple dans des cas de successions pour des clients étrangers. «Or c’est votre profil», lance la marraine. «J’ai fait du droit international privé, mais je n’ai pas d’expérience», répond timidement Martine, dont le CV sera transmis à qui de droit. «Il faut s’investir», conclut la jeune Belge, qui se réjouit d’avoir «osé poser la première question» aux représentantes d’UBS.

Le travail réalisé par Pacte – association fondée en 2002, qui organise également des formations et sensibilise les entreprises aux questions de mixité – favorise le réseautage, un peu à l’image d’un club. Ici, les anciennes de l’association peuvent donner un coup de main aux nouvelles. C’est le cas de Gaëlle Trezza, sous-directrice pour le management des ventes chez UBS, qui avait suivi une formation chez Pacte. «Voilà une femme avec des enfants qui a fait carrière dans une équipe d’hommes. Elle peut servir de mentor», indique Françoise Piron.

A 59 ans, Marie-José est donc une nouvelle employée chez UBS. Elle raconte son arrivée dans un «monde d’hommes» et fait part de l’importance qu’il y a à oser s’exprimer: «On peut tout dire, même énoncer des critiques, à condition d’y mettre les formes», défend-elle. Pour elle, l’âge peut même être quelque chose de positif, puisque c’est un bagage.

Dans la salle, une femme en recherche d’emploi pose la question de l’affichage de sa culture française à Genève. «Restez vous-même», lui conseille une cadre d’UBS, qui relève qu’il ne faut pas confondre la facilité à s’exprimer avec de l’arrogance. «Si vous avez peu d’expérience, conseille Gaëlle Trezza, ce que vous avez fait hors de votre travail, comme par exemple organiser une fête dans votre commune, compte. Indiquez quelles sont les compétences que vous aurez mises en œuvre à cette occasion et placez-les dans votre CV.»

Les cadres d’UBS insistent sur un point: le recrutement numérique joue un rôle de plus en plus important et la recherche d’un job passe par un profil LinkedIn bien brossé, avec une version en anglais selon les métiers. La banque confirme utiliser Internet pour trouver les meilleurs profils.

– J’ai fait du droit international privé et comparé mais je n’ai pas d’expérience.

– Envoyez tout de même votre CV!

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