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UBS plombée par le dernier trimestre 2018

UBS a lancé mardi la saison des résultats européens sur une note pessimiste. L’action a reculé de 3,17% mardi, malgré l’annonce d’un nouveau programme de rachat d’actions

Première banque importante d’Europe à publier ses résultats, mardi, UBS a enregistré une chute brutale des volumes de transactions de ses clients dans la zone Asie-Pacifique au quatrième trimestre. En cause, le contexte de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, le ralentissement de l’économie chinoise qui contamine l’ensemble de la région et la baisse des marchés entre octobre et décembre. Des conditions de marché «historiquement difficiles», comme l’a résumé le directeur général, Sergio Ermotti, lors de la présentation des résultats.

Pour le quatrième trimestre, l’établissement zurichois – qui publie désormais ses résultats en dollars – a enregistré un bénéfice net de 696 millions de dollars (694 millions de francs), alors que le consensus des analystes s’attendait à 729 millions de dollars. Le bénéfice net annuel s’est élevé à 4,9 milliards de dollars l’an dernier, contre une perte de 2,42 milliards en 2017, à la suite d’une charge exceptionnelle de 3 milliards résultant d’un changement réglementaire aux Etats-Unis modifiant les possibilités de diminuer les impôts à l’avenir.

Près de 8 milliards de retraits

Dans la division banque d’investissement, le bénéfice avant impôt s’est ainsi effondré de 84% à 26 millions de dollars en 2018. Dans la gestion de fortune, les clients ont moins investi, renforcé leur position en cash et réduit le risque dans leurs portefeuilles. Surtout, ils ont retiré près de 8 milliards de dollars au cours du dernier trimestre – traditionnellement la partie de l’année la moins porteuse, ce qui aura un impact sur les futurs revenus de l’activité. UBS reste le premier gérant de fortune du monde, avec 2260 milliards de dollars d’avoirs, alors que les investisseurs s’attendaient à 2340 milliards.

Lors de sa journée pour les investisseurs organisée en octobre, la banque avait mis en avant sa stratégie, focalisée sur la gestion des très grandes fortunes en Asie et aux Etats-Unis. Avec des objectifs élevés: UBS vise une croissance du bénéfice proche de 15% entre 2019 et 2021 dans la gestion de fortune, qui apporte 51% du bénéfice avant impôt du groupe.

Or les avoirs ont reculé de 4,1 milliards d’avoirs dans la zone Amériques l’an dernier – seule région négative en 2018, dont 3,6 milliards pour le seul dernier trimestre. La zone Asie-Pacifique a attiré 17,3 milliards de nouveaux actifs sur l’année, mais seulement 100 millions entre octobre et décembre. En 2018, UBS a attiré 24,7 milliards de dollars de nouveaux actifs dans la gestion de fortune. Supposée plus stable que la banque d’investissement, la gestion de fortune est robuste, mais elle n’est pas immunisée contre les aléas des marchés.

Rachat d’actions de 1 milliard

UBS a aussi annoncé un dividende de 70 centimes par action, en augmentation de 8% par rapport à l’an dernier. Un programme de rachat d’actions de 1 milliard de dollars a également été dévoilé pour 2019, alors que le consensus des analystes prévoyait 750 à 800 millions. UBS a racheté pour 750 millions de francs de ses propres actions en 2018. Cette générosité n’a pas empêché un fort recul de l’action, mardi. Après avoir perdu plus de 5% en début de matinée, le titre a fini la journée en baisse de 3,17%, à 12,995 francs.

Ces chiffres semblent de mauvais augure pour l’ensemble du secteur bancaire européen, en particulier, côté suisse pour Credit Suisse (qui publie ses résultats le 20 février) et, dans la gestion de fortune, Julius Baer, les deux établissements misant beaucoup sur l’Asie.

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