Une page douloureuse de l’histoire bancaire se tourne. UBS, qui publiait mardi le détail de ses résultats trimestriels, a l’intention d’exercer au 4e trimestre son option d’achat sur le fonds de stabilisation (Stabfund), selon un communiqué. Ce fonds avait été mis sur pied en octobre 2008 pour sortir les actifs pourris du bilan de la grande banque. Il s’agit essentiellement des produits titrisés sur l’immobilier américain. La valeur de cette option d’achat est de 2,5 milliards à fin juin, a indiqué la direction lors d’une conférence.

En mars dernier, Thomas Jordan, président de la direction de la BNS, avait déclaré s’attendre à la disparition du Stabfund dans les deux ans. Pour la BNS, les effets de l’opération ne sont pas minces. Les profits de ce fonds ne glissent pas dans l’escarcelle de la maison mère, mais enrichissent le bénéfice consolidé. Or les fruits de ce dernier ne sont pas redistribués. Il faut donc que le fonds soit liquidé ou vendu pour que la maison mère en profite. «Jusqu’à la survenance de l’un de ces événements, la part revenant à la BNS sur le bénéfice cumulé des exercices antérieurs est portée au bilan consolidé comme réserve de bénéfices issus du fonds de stabilisation», selon un communiqué de la BNS. Ce bénéfice cumulé s’élevait à 3,26 milliards de francs à fin juin, en hausse de 938 millions cette année.

Le prêt au Stabfund a chuté de 25,8 milliards de francs en 2008 à 1,2 milliard de francs à fin juin 2013. La gestion de ces actifs pourris n’a pas été une mauvaise affaire pour la BNS. Au premier semestre, le Stabfund a enregistré un bénéfice consolidé de 830 millions de dollars, contribuant au résultat consolidé à hauteur de 316 millions de francs.

Pour la grande banque, ce rachat devrait se traduire par une amélioration des fonds propres de 70 à 90 points de base. Cette nouvelle a été saluée par les analystes. La solidité du bilan s’est d’ailleurs poursuivie. Le ratio de capital de catégorie 1 selon une application intégrale de Bâle III a augmenté à 11,2% à la fin juin (10,1% à la fin mars 2013). L’objectif de la banque est d’atteindre 13% en 2014. Une fois la barre atteinte, l’actionnaire pourra espérer un dividende plus généreux, a déclaré Sergio Ermotti, directeur d’UBS.

Afflux d’argent

Le bénéfice net d’UBS s’est élevé à 690 millions au 2e trimestre (524 millions au 2e trimestre 2012). La gestion de fortune a dégagé son meilleur résultat en quatre ans (711 millions de francs). Elle a attiré 10,1 milliards de francs d’argent frais au deuxième trimestre (15 milliards au premier). L’argent des très grandes fortunes (UHNWI) a surpris les analystes: 9,5 milliards au 2e trimestre et 11,8 milliards au 1er trimestre. UBS confirme sa position de leader mondial des très grandes fortunes.

La banque a réduit ses effectifs de 5167 depuis le 3e trimestre 2011 à 60 754 à fin juin. En Suisse, UBS emploie 22 000 collaborateurs, soit environ 200 de moins qu’à fin mars. L’effectif total devrait être réduit à 54 000 en 2015.