La pression oblige UBS à réagir. Et au plus vite. La SonntagsZeitung affirme dans son édition d'hier que la banque serait prête à introduire des «malus» qui viendraient tempérer l'effet des primes les plus élevées. Cette proposition pourrait être présentée lors de la prochaine assemblée générale, le 27 novembre. Selon l'hebdomadaire alémanique, l'idée consisterait à bloquer le versement des bonus pendant quelques années, le temps de s'assurer que les prestations récompensées ont bien tenu leurs promesses sur la durée. Cette solution serait mise au point en coordination avec la Commission fédérale des banques, qui l'imposerait également aux autres institutions par souci d'équilibre concurrentiel.

Dans une interview accordée au même journal, la conseillère fédérale Doris Leuthard a estimé qu'il valait la peine d'examiner un arrêt des primes aux managers d'UBS après l'aide de la Confédération. «L'Etat ne veut pas financer les salaires élevés des managers de banque, mais soutenir UBS et par là le système bancaire», a-t-elle indiqué. «Exiger la restitution des bonus sera difficile», a cependant averti le président de la Confédération, Pascal Couchepin, dans le SonntagsBlick. Le Valaisan est pour, mais dit ignorer si l'idée est réalisable. En fin de compte, la moitié des sommes est allée à l'Etat sous forme de contributions sociales.

Procédure d'urgence

Toujours dans le SonntagsBlick, le conseiller national Johann Schneider-Amman (PRD/BE) a estimé que le Conseil fédéral devait saisir la procédure d'urgence pour que les banquiers restituent leurs bonus. Après tout, les mesures de sauvetage ont, elles aussi, été décidées via une telle procédure, note-t-il. «Mon sens de la justice exige que je pose une telle demande.» De l'avis du radical, l'autorégulation dans les systèmes de rémunération ne fonctionne pas. Et c'est avec «amertume» qu'il fait ce constat.

Dans la NZZ am Sonntag, le président du PRD Fulvio Pelli s'est prononcé contre une régulation des salaires: «La Confédération doit procéder de sorte qu'UBS améliore elle-même son système salarial.» Le Tessinois veut toutefois, lui aussi, la rétrocession des bonus des managers d'UBS.