Banque

UBS est la première à profiter de l’ouverture du secteur financier chinois

Le numéro un suisse du secteur a déposé une demande pour devenir le propriétaire majoritaire de sa coentreprise en Chine continentale. Mais d’autres établissements, dont Credit Suisse, pourraient rapidement lui emboîter le pas

Le gouvernement chinois le jure depuis novembre: le pays va ouvrir son secteur financier. Fin avril, il a émis une directive qui concrétise cette promesse. Les banques étrangères auront notamment le droit de prendre une part majoritaire dans les coentreprises qu’elles ont dû créer dans l’Empire du Milieu pour avoir le droit d’y opérer. D’ici à trois ans, elles pourront même en posséder 100%. Et UBS sera la première banque à en profiter.

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Le groupe suisse a déposé une demande la semaine dernière pour faire passer ses parts dans la coentreprise UBS Securities de 25% à 51%. Fondée en 2006, cette dernière compte parmi ses propriétaires le groupe Beijing Guoxiang Property Management, affilié aux autorités de Pékin (33%), Guangdong Provincial Communications Group, une entreprise qui construit des ponts et des routes (14%), COFCO, une société étatique active dans l’alimentation (14%), et China Guodian Capital, un producteur d’électricité (14%). «La Chine est un marché clé pour nous, indique une porte-parole d’UBS. L’ouverture de son secteur financier génère des opportunités tant dans le domaine de la banque d’affaires que de la gestion de fortune ou des actifs.»

Une pionnière sur le marché chinois

La banque fait office de pionnière sur le marché chinois. Elle est présente dans le pays depuis 1989. En 2003, elle avait été la première institution à obtenir le statut d’investisseur institutionnel étranger agréé, lui permettant d’accéder aux bourses chinoises. En 2012, elle a établi UBS China, une division consacrée à la gestion de fortune et en 2017, elle a obtenu une licence pour opérer en tant que fonds privé en Chine.

UBS va gagner en autonomie et ne sera plus obligée de consulter ses partenaires locaux, dont les intérêts ne sont pas forcément alignés avec les siens

En devenant le propriétaire majoritaire de sa joint-venture consacrée aux valeurs mobilières, UBS va gagner en autonomie. La banque ne sera plus obligée de consulter ses partenaires locaux, dont les intérêts en matière de choix de clients ou de rémunération des employés ne sont pas forcément alignés avec les siens. Elle touchera également une part plus importante des revenus générés par cette coentreprise. L’an dernier, les firmes actives dans le domaine des securities ont généré 50 milliards de dollars en Chine, selon les données du gouvernement.

Concurrence déjà vive

Mais UBS n’est pas seule à vouloir en profiter. Goldman Sachs et Morgan Stanley vont également tenter d’obtenir une majorité dans leurs coentreprises chinoises. Credit Suisse opère depuis 2005 une société consacrée à la gestion des actifs avec Industrial and Commercial Bank of China (ICBC). «Ses avoirs s’élèvent à plus de mille milliards de yuans (157 milliards de francs), ce qui en fait le deuxième plus important gestionnaire d’actifs du pays», note un porte-parole. En 2016, la banque a établi une coentreprise dédiée aux valeurs mobilières avec la firme locale Founder Securities. Elle en détient 33%.

La concurrence de la part des banques chinoises, qui bénéficient du soutien de l’Etat, est également vive. China Merchants Bank, China Minsheng Bank, ICBC et CITIC dominent pour l’heure la gestion de fortune et des actifs. Les entreprises de tech, comme Alibaba et Tencent, ont en outre commencé à proposer des services financiers. Souvent à un coût moindre que leurs concurrents plus établis.

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